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Commentaires des lecteurs
Je reçois de temps en temps des messages de personnes qui
donnent leur avis sur le site. Ils sont généralement positifs (mais pas toujours
!). Je trouve aussi des commentaires sur le Web. Cela montre que quand on s'applique à mettre du contenu sur un
site, on répond à un besoin. C'est encourageant.
Je ne cite pas les noms des auteurs,
supprime les formules de politesse et condense parfois les textes
dont je rectifie l'orthographe ; je ne cite pas
non plus les demandes d'information auxquelles
je réponds de mon mieux. J'ai introduit des liens vers les documents
mentionnés pour que l'on puisse voir de quoi parlent mes interlocuteurs.
* *
29 avril 2008 : Merci pour ton
article Pourquoi tant de Tibet ?
Je ressens ce malaise que tu exprimes avec tant de justesse.
27 avril 2008 :
J'adhère à votre analyse sur le sort réservé à F. Bayrou
par la classe politique et par les médias : cet homme courageux veut sortir le
pays de l'alternance droite/gauche.
3 avril 2008 :
Le feuilleton dont vous avez entamé la publication pourrait s'appeler
Le Parador parce que...
- hypothèse plausible : le consultant va être embauché de façon définitive au
terme de sa mission mais n'acceptera de signer en tant que nouveau DSI qu'avec
PARAchute DORé
- hypothèse latine : afin d'expérimenter la refonte des systèmes d'info de la
multinationale, seules deux filiales peu exposées bénéficieront de la méthode
choc de Monsieur Dutertre : celles du PARAguay et du SalvaDOR
- hypothèse acronymique : le Parador n'est autre que le "Plan Auto Régulateur
d'Accomplissement Durable de l'Organisation du Reengineering"
- hypothèse cornélienne: le Parador est un mot-valise inspiré du "va, je ne te
hais point" du Cid : après le succès de sa mission notre consultant est remercié
(d'un ton Bonhomme): "Partez, je vous adore!"
2 avril 2008 :
J'ai lu plusieurs fois L'esprit de la recherche et à
chaque fois j'ai éprouvé le même plaisir. Vous évoquez la méthode, les outils et
la démarche à suivre. J'ai cherché un livre sur ce sujet mais je n'ai trouvé que
Passion chercheur de Jacques Duran : ce sont des entretiens avec des
chercheurs qui racontent leur parcours académique sans dégager de véritable
passion.
29 mars 2008 : À propos
de l'entreprise suicidaire : je constate sur le
terrain la justesse de la phrase « chacun se comporte en fonction des critères
selon lesquels il se sent jugé » (y compris moi-même). Il en résulte que
certaines actions ne seront jamais menées. D'où les limites de « la culture du
résultat » et des indicateurs qui en sont la base. Cela s'applique aussi au
gouvernement.
28 mars 2008 :
Le Parador m'a accroché. Aucun
doute : le consultant va faire quelques propositions iconoclastes, et il devra
faire face à des tentatives de manipulation de la direction, des chefs de
départements, des responsables d'affaires, le tout sur fond de compétition
entre cadres ambitieux. Le déroulement d'un projet occasionne jeux d'alliances
et trahisons, il comporte impasses et rebondissements. Bref : de quoi faire un
feuilleton...
17 mars 2008 :
Je commence Le Parador…
merveilleux complément à e-conomie
et autres Prédation.
Bravo !
17 mars 2008 :
Ex ingénieur chez Thalès en retraite depuis
peu, je découvre votre site et le premier chapitre du
Parador. J'attends
la suite avec impatience. Nul doute que le consultant va faire des propositions
iconoclastes. Un consultant doit faire face aux tentatives de manipulations de
la direction, des chefs de départements, des responsables d'affaires, sur fond
de compétition entre cadres ambitieux. Le déroulement d'un projet donne lieu à
des jeux d'alliances, à des trahisons, connaît impasses et rebondissements.
Bref, de quoi faire un bon feuilleton...
8 mars 2008 :
Je trouve excellente l'idée du
feuilleton. Bravo pour cette idée originale. Les films et les livres ne
montrent pas la réalité quotidienne de l’entreprise, alors qu’elle occupe un
tiers de notre temps de vie. Ici, un ancien de l'inspection des finances a fait
couler une boîte centenaire dont la prospérité s’était bâtie avec des méthodes
obscures. Le nouveau patron, choisi par l'élite et les banquiers, n'a pas
d'ordinateur dans son bureau : il ignore sans doute ce qu’est un système
d’information. La description du siège de l'entreprise est réaliste. L'ingénieur
se fait blackbouler par un financier : sa lassitude à la cantine, où ses
collègues le coulent encore plus. Que du bon, que de la vraie vie ! Je me régale
d'avance à lire les prochains épisodes. J'espère que tu vas bien t'amuser : en
tout cas ça m’a bien fait rire.
3 mars 2008 :
Je viens de lire votre article sur
l'émergence des langages de programmation et pour l'informaticien que je
suis c'est une délectation. Il est dommage que l'histoire de l'informatique ne
soit pas contée comme vous le faites : on se contente trop souvent d'apprendre
un langage sans connaître son histoire. Un peu d'épistémologie permettrait une
meilleure compréhension et la diffusion d'idées qui paraissent pourtant
difficiles.
22 février 2008
: Une opinion de votre part sur "bling-bling" ne
pouvait qu'être sarcastique. Mais opposer les bling-bling aux personnes
consciencieuses et travailleuses aux vies vaguement ennuyeuses est un peu court.
Beaucoup de personnes se passionnent pour leur domaine de recherche,
réfléchissent et émettent des idées, des concepts originaux pleins de promesses.
Elles inventent le XXIe siècle pour des salaires de misère, et les grands médias
les traitent mal. On n'écoute que ceux qui ont beaucoup d'argent et qui
finissent par dire n'importe quoi.
20 février 2008
: Permettez-moi de
nuancer votre analyse du "bling-bling".
Certes, le ridicule colle au comportement des stars. Mais ne s'agit-il pas d’une
réaction de défense de la part de leurs admirateurs, frustrés de ne jamais
gravir le piédestal ? N’est-on pas en train de vilipender un idéal que beaucoup
savent ne jamais pouvoir atteindre ? Les valeurs essentielles, celles que je
qualifie de vraies – le travail consciencieux et discret, la vie de famille
équilibrée – sont rarement respectées. Heureusement, il y a des exceptions !
3 février 2008
: À propos de Deleuze : je suis d'accord
avec ton article sauf quand tu écris « en littérature, en musique, en peinture,
en connaissance et expérience de la vie (plus précisément en connaissance et
expérience du mal) ces penseurs sont des enfants. » Certes, mais chacun est naïf
à certains moments, sur certains sujets, et non d'autres.
Ma vie a été bouleversée par l'« Anti-Œdipe
», et si après 36 années je fais le bilan de ce que m'a apporté Deleuze, ce sont
de nouvelles lectures (Malcolm Lowry, Nietzsche), des lectures renouvelées
(Proust, Beckett), de nouvelles façon de voir le cinéma (Ozu, Antonioni,
Murnau). Alors, pas si enfantin que ça, le cher Gilles.
2 février 2008 : J'ai
été sensible à ta "vision" de l'Abécédaire de
Deleuze. J'ai été son élève à Vincennes au début des années 70. Il avait
"l'emportement" de la jeunesse pour des expériences, des idées, des oeuvres, des
individus. Affecté par l'événement, traversé par l'idée, l'individu ou
l'expérience, il "vibrait". Il m'a appris à penser, à allier le sentiment et la
pensée, à abandonner la triste critique pour proposer des concepts et
reconstituer des agencements.
À partir de Deleuze s'est ouvert un champ prodigieux dans les sciences sociales,
avec des concepts qui transcendent les partitions disciplinaires. Peut-être, un
jour, parlera-t-on d'une approche deleuzienne de l'économie ou plutôt de la
société de l'économie.
11 novembre 2007
: Une personne de mon bureau a trouvé sur ton site comment apprendre la
dactylographie. Depuis, dans le bureau (30 personnes), tout le monde
a colorié son clavier... Une course de vitesse a été lancée pour faire des
émules. J'ai dit que je te connaissais et qu'il fallait lire tes textes... les
gens m'ont répondu : "tu peux dire merci à ton copain".
4 septembre 2007 :
Je consultais un de mes sites de référence sur le management quand je suis tombé
sur "Aspects intellectuels de la maîtrise
d'ouvrage", que j’ai dévoré. Puis j’ai trouvé sur votre site de nombreuses
autres publications, billets d'humeur etc. Votre usage de la langue française
est un ravissement.
Je reconnais en vous lisant ce que j'ai vu
dans nombre d'entreprises françaises pour lesquelles j'ai travaillé. Mes
conclusions sur l'organisation du monde du travail, le respect des travailleurs
et le diktat de certaines personnes "haut placées" sont semblables aux vôtres.
Pourtant je suis encore jeune et ne sors pas d’une grande école : je suis
informaticien et j’ai trente-sept ans. Je sors d'une faculté de pharmacie et
n'ai pas acquis autant d'expérience que vous. Mais j'ai grandi en Allemagne et
en Afrique, j'ai créé des entreprises dans le monde anglo-saxon et je parle
plusieurs langues, dont le russe. Mes expériences en Europe centrale, dans les
pays de l'Est et dans le monde anglo-saxon m’ont procuré une vision plus
réaliste et objective que la plupart des Français, et je vous rejoins sur nombre
de sujets.
9 août 2007 : Le livre de
Schiffrin illustre à sa manière le
médiatisme d’Allègre. Nous vivons dans la
médiocrité du « prêt à penser ». Les problèmes que pose le climat ne sont pas
simples, cependant Allègre efface d'un revers de main le travail des
scientifiques pour en donner une vue simpliste, primaire, que des lecteurs non
avertis risquent de prendre au sérieux.
Je partage ce que tu dis sur la « décroissance ».
Nous avons besoin d'une autre croissance: il suffit de voir les milliards
d'êtres humains qui vivent dans le besoin. De quel droit leur interdire une vie
meilleure?
8 août 2007 : Ton papier sur la
féodalité m'a bien plu et beaucoup
appris. J'attends la suite, où tu expliqueras en quoi elle "revient en force
dans la modernité". Il est vrai qu'en lisant ton texte, on ne cesse de voir
apparaître des situations, comportements, règles qui ont des équivalents dans
nos sociétés actuelles.
30 juillet 2007
: J'ai été un lecteur plus persévérant que toi : je suis allé plus loin que la
page 120 du livre d’Allègre, mais je me
suis fait exactement les mêmes réflexions. Quel ego et quelle aptitude à
raconter des âneries ! Je n'en ai jamais vu une telle densité au cm2
de papier imprimé. Par delà son côté risible ce livre est une énigme. Je me
demande si Allègre a écrit ce navet ou si il l'a fait écrire par un autre qu'il
n'a pas relu, si c'est un canular
ou si Allègre ne serait pas depuis
le début de sa carrière scientifique un usurpateur qui a juste des idées, mais
qui est incapable de faire trois additions pour vérifier s'il a raison (ou
tort). Merci d'avoir
ainsi contribué à la saine critique de ce que j'ose à peine appeler un livre,
tant on a l'impression que cela a été écrit le temps d'un voyage en train.
9 juillet 2007 : Cela me fait
plaisir que tu puisses relier la vie en hameau à la
disponibilité de l'ADSL. Il y avait de cela dans l'action de Champsaur auprès de
l'agence de régulation des télécoms, avec l'idée de faire équiper la totalité du
territoire français avec l'ADSL. L'Internet arrive un peu tard pour lutter
contre l'urbanisation, mais peut-être à temps pour que de jeunes médecins
acceptent d'habiter à la campagne. Il y a 3 ans à un meeting sur la démographie
médicale à la Cité universitaire, c'était le principal argument de jeunes
étudiantes en médecine : donnez-nous accès à l'Internet et on ira à la campagne
!
En Thaïlande en 1998 j'ai été frappé par des caractéristiques démographiques
assez similaires celles de la France (population totale, fécondité); mais plus
de la moitié de la population est encore rurale et il est encore possible de se
déplacer en vélo d'un village à un autre, avec des vrais villages très animées
même si, en raison de la baisse de la natalité, on déplore dans la fermeture de
certaines écoles. Si l'ADSL arrive à temps là-bas et que les services locaux s'y
développent, je ne suis pas convaincu que leur avenir soit dans de grandes
métropoles comme les nôtres.
8 juillet 2007 : Les
vautours, oiseaux magnifiques, ont été réintroduit
récemment dans quelques territoires français. Quand ils sont peu nombreux, ils
font leur travail de nettoyage. S'ils deviennent plus (trop?) nombreux, ils
volent ensemble au dessus de troupeaux - chevaux, vaches etc. - pour effrayer
les animaux qui se précipitent dans des fossés ou des précipices, et ensuite ils
se nourrissent ! L'émergence (qualitatif) naît du changement quantitatif de
l'environnement. Il en est ainsi de la virulence des bactéries. Les vibrios ne
deviennent cholériques que quand les conditions environnementales se sont
dégradées. Il en sera de même pour la prochain peste aviaire. Jusqu'où irons
nous trop loin ?
7 juillet 2007 : Je viens de lire ta
correspondance avec le Russe, du plus haut
intérêt. Il semble penser en français, tellement c'est bien dit. Son témoignage
vaut plus que tous les articles de gens qui, en somme, ne savent rien, et font
des suppositions suivant leurs propres opinions.
8 juin 2007 : J'ai beaucoup apprécié
votre billet sur DHL. Il m'est revenu, en le lisant, votre
position sur le référendum européen. Vous disiez qu'il
fallait donner plus de pouvoirs à l'Europe faute d'avoir des dirigeants
compétents à l'échelon national - ça n'a pas l'air de s'arranger.
Je me permets de faire un lien, direct, entre l'emprise croissante des DHL, la
fin des services publics, et la montée en puissance de l'institution
technocratique qu'est l'Union Européenne. Je rédige quelques articles sur le
sujet dans la rubrique Europe-Stop sur
www.lalettrevolee.net.
29 mai 2007 :
Je
me reconnais dans Pour
une écologie de l'esprit.
La
plupart des téléspectateurs considèrent la publicité comme un mal nécessaire,
périphérique aux programmes qu’ils ont choisi de regarder (pour ceux qui
choisissent !). Il y a longtemps que je ne vois plus dans la télévision qu'un
vulgaire panneau d’affichage enrobé de programmes plus ou moins sérieux afin de
ratisser large - et j'ai décidé de ne plus la regarder.
26 mars 2007 : Votre
point de vue sur Besson
est très intéressant, mais voici un parallèle qui me semble lui aussi
intéressant :
Alaistair Campbell, ancien porte-parole de Tony Blair, s'apprête lui aussi à
publier un bouquin ravageur pour son parti. Cependant Campbell a sacrifié
plusieurs dizaines de milliers de ventes en choisissant d'attendre la période
post-électorale pour publier en librairie (source : Private Eye de cette
semaine).
11 mars 2007 : Votre
article sur M. Barre m'a réjoui. Lorsqu'il était au
pouvoir ses annonces à la télévision étaient des modèles de grotesque pompeux :
"pour lutter contre l'inflation, je bloque les prix...". On ne parle plus de son
ubuesque blocage du prix des petits croissants et des pommes de terre.
Le barrique reste un cru recherché. Un député, président de la commission
parlementaire des finances, a proposé pour redresser les déficits nationaux des
mesures toutes extraites du précieux tonneau barrique. L'une d'entre elles
consistait à augmenter la part du financement personnel des prestations
d'assurance maladie pour les ménages les plus aisés : pour amplifier la fracture
sociale et détruire notre système solidaire on peut difficilement imaginer
mieux.
Si je ne suis donc un admirateur de M. Barre, je trouve votre critique
excessive. Il ne fait pas spécialement honte à la France, ou alors nous devons
crouler sous la honte car de nombreuses personnalités françaises perpétuent la
pensée barrique. Certains étrangers font aussi d'affligeantes proclamations
hyperbarriques !
Il faut encourager le barrique à s'exprimer librement, afin qu'il soit démonté
lors d'exercices collectifs de salubrité mentale et de détection du grotesque.
En France, nous avons le Canard et les Guignols de l'info (quel
pays peut en dire autant ?) : c'est distrayant, stimulant, mais pas suffisant.
Nous oublions trop facilement le danger de la monstruosité de la pensée par
absence de logique, ignorance du doute scientifique, mépris de l'humain,
machiavélisme appliqué stupidement à la lettre et généralisation abusive.
L'histoire enseigne que ce sont les plus malins politiques, les plus grands
humanistes, les parangons de la réussite sociale qui ont préparé et voulu les
plus grandes abominations (par exemple la guerre de 14-18) à force de progrès,
d'intelligence et de Real Politik.
Je ne souhaite donc pas que M. Barre soit condamné si facilement. Il ne faut pas
oublier que sa pensée nullissime, son action désastreuse s'incarnent dans
beaucoup d'autres personnes. Je considère sa récente gaffe monumentale comme un
acte réfléchi de diversion pour préserver le développement de cette pensée et de
cette action.
7 mars 2007 : J'ai découvert votre
site il y a deux semaines. J'ai particulièrement apprécié "aventure
mentale".
Je cherchais à comprendre ce que c'est qu'un système d'information pour préparer
un entretien d'embauche dans un cabinet de conseil en SI. J'y ai trouvé beaucoup
plus qu'une réponse académique à mes interrogations : une vision intelligente de
l'entreprise, qui a réveillé en moi pas mal de questions.
25 février 2007 :
Je partage votre admiration pour le « modèle
à couches », qui permet de modéliser des phénomènes dont la dynamique
articule des matérialités et finalités diverses. A ma connaissance aucun
philosophe n’a étudié ce modèle avant que les informaticiens ne le décrivent.
Mikhaïl Bakhtine, linguiste, l’utilise pour rendre compte de l’écriture
polyphonique de Dostoïevski. Le modèle linguistique de H.-G. Haudricourt,
anthropologue, sépare l’articulation sonore d’un mot du mot lui-même et permet
d’expliquer la signification de l’accent, la substitution d’un vocabulaire par
un autre etc. En physiologie expérimentale, Chauvet utilise un modèle à couches
qui permet de substituer une représentation du vivant à celle qui sépare les
organes, et de calculer les échanges d’information entre organes.
François Dagognet présente dans
Philosophie de l’image le modèle à couches qui permet à certaines cultures
humaines d’inférer, à partir de l’affleurement et de sa dynamique, l’existence
de couches invisibles mais matériellement et dynamiquement autres (repérage des
minéraux).
La phénoménologie, enfin, est peut-être une
philosophie fondée sur l’utilisation empirique d’un modèle à couches. Mais les
philosophes qui décrivent des événements selon un modèle à couches ne sont pas
pour autant familiers de ce modèle. Peu de personnes le conçoivent en effet dans
sa généralité : la plupart des auteurs qui ont tourné autour de lui ne voient
pas qu’une interface est un objet autonome dont la matérialité n’est que ce qui
est utile pour sa fonction. Fait peut-être exception J.A. Scott Kelso qui, dans
Dynamic patterns, renvoie à Sherrington et à la notion de paysage
épigénétique : mais il n’est pas reconnu comme philosophe.
Gérard Beuchot, spécialiste des réseaux, dit
qu’il faut faire du traitement parallèle dans sa tête pour penser ce genre de
truc et que l’Université n’aime pas ça.
19 février 2007 :
Vous avez commenté
Des sujets interdits de Dominique
Lorentz. Pourquoi y croyez-vous ? Qui vous dit que ce n'est pas qu'un tissu
cohérent d'erreurs ? Devant ce type de livre, je me pose toujours la même
question : est-ce la vérité ou un amas de mensonges paranoïdes ? J'ai
l'impression de jouer mon opinion à pile ou face ! Comment
vous-y retrouvez-vous ? Impression
personnelle, expérience, recoupement avec d'autres lectures, connaissances
"introduites" auprès de milieux "autorisés" ? (NB de MV
: voir ma réponse dans "Comment savoir si ce qu'on lit est vrai
?").
24 janvier 2007 :
L’apparition d’un alliage pose une question
centrale : peut-on anticiper les conséquences de l'alliage homme-automate ou
EHO-APU ? Nous vivons une période de rupture majeure. La qualifier de
post-industrialiste serait insuffisant. La science-fiction, l'art, le cinéma
l’explorent mieux que ne le font certains discours « savants ». La production
intellectuelle est devenue une nouvelle matière première : le cerveau travaille
sur ses propres productions. C’est la réflexion, au sens premier. Il en
résulte une croissance exponentielle de nos facultés de connaissance, de
création, un travail qualitatif et non plus seulement quantitatif comme celui
qu'avait permis l'industrialisme. La qualité, enfin la qualité ! C’est ce
qu'entrevoyait Yves Klein, le plus grand plasticien du XXe siècle,
qui a introduit « l'immatériel » en art (si tu passes à Paris, va à Beaubourg
voir l'exposition sur Yves Klein).
24 janvier 2007 : Je vous écris du Québec où
De l'informatique
est difficile à trouver en librairie. J'ai heureusement pu en lire des extraits
sur votre site web.
Plus j'en lis, plus cela ressemble au genre d'ouvrage que je cherchais depuis
longtemps : il parle de l'informatique en l'embrassant le plus largement
possible, en la considérant sous une multitude de facettes plutôt qu'avec la
sempiternelle lorgnette du spécialiste.
Depuis 2002 j'ai quitté le monde des idées pour devenir webmestre, et je me suis
de plus en plus confiné dans un univers technicien compartimenté, à pensée
étroite, qui a grand besoin d'un nouveau souffle intellectuel. Ce que j'ai lu de
vous apporte un peu d'oxygène.
8 janvier 2007 : J’ai aimé ton petit
pamphlet sur
la qualité de service et la boucle locale. Tu aurais pu parler aussi du
mépris dans lequel les « fournisseurs d'accès Internet » tiennent leurs clients
du jour où leur accès ne fonctionne plus et même avant. « C'est la faute de
votre PC si ça ne marche pas ! » Pas de chance, j'ai un Mac... Voici trois
expériences intéressantes :
Free Telecom : deux mois d'interruption de fourniture de l'ADSL à partir
du jour du dégroupage (merci l'ARCEP). Facturés cependant 30 € par mois, plus
100 à 120 € d'appels sans résultat à la « hot line ». Fax de mise en demeure ->
remise en état de la ligne le lendemain. Un mois plus tard, on remet ça. Nouveau
fax, et résiliation deux jours après avec opposition au prélèvement automatique.
En retour, une dizaine de lettres de mise en demeure dont des lettres
d'huissiers me menaçant de saisie de mon véhicule et de retrait sur salaire pour
34 € de prétendue dette.
Transmission du dossier à l'ARCEP. Elle répond que ce n'est pas de son ressort
et que je n'ai qu'à porter plainte devant les tribunaux. Ils sont gonflés, à l'ARCEP
: c'est quand même eux qui nous ont mis dans la m...e, non ? Après quelques
lettres d'huissiers de plus, je reçois une lettre d'excuses de Free : « votre
dossier nous a été transmis par l'ARCEP, le défaut technique est de notre
responsabilité, nous avons donc l'obligeance d'accepter d'effacer votre dette »
(sic).
Cegetel : mise d'office en présélection d'appels téléphoniques en dépit
de mon refus explicite de ce « service » lors de la souscription à l'ADSL. «
Mais Monsieur, vous avez signé ! » Comment aurais-je pu signer une souscription
par téléphone ? Je réponds « Envoyez moi mon contrat signé ; en attendant, je
refuse de payer la facture téléphonique. Pour l'ADSL, envoyez les factures
mensuelles, je réglerai par chèque ». J'attends toujours. Suite à des mises en
demeure d'huissiers, j'ai résilié, informé l'ARCEP et un de nos camarades haut
placé chez Cegetel. Lettre d'excuses de nouveau. « Vous ne nous devez rien ! ».
Ah bon...
France Télécom :
souscription à l'ADSL à Lannion. Résultat : pas d'ADSL, mais plus de téléphone !
Pour le coup, ça n'a pas duré plus de trois jours. Ramdam à l'agence commerciale
du centre ville. Ils se souviennent peut-être de moi… J’ai vu QUELQU'UN
intervenir ! Comme c'est bon d'avoir quelqu'un en face de soi.
Je souscris à tes critiques et à tes conclusions. Je n'ai pas de photo du
câblage de mon DSLAM à te proposer, mais j'aimerais pouvoir te faire parvenir
une photo d'un câble optique de 700 fibres mis à mal par je ne sais qui je ne
sais où dans les égouts parisiens. Juste pour rire et pour apprendre à Free ce
que c'est qu'un réseau local.
5 janvier 2007
:
Dans
De l’Informatique, tu
traites beaucoup de sujets et nous laisses parfois loin derrière : ton propos sur la philosophie,
par exemple, aiguise ma curiosité mais je
suis incompétent. Les parties historiques sont passionnantes et on y apprend
beaucoup, d’autant que tu as la vision du moraliste.
Dans d’autres passages, connaissant ce
que tu relates, je lis entre les lignes.
« Mais que dit donc Michel Volle sur le
sujet ? » : voilà le réflexe que doit avoir à présent l’honnête homme !
3 janvier 2007
:
A propos de
l'indice des prix : quid des effets qualité ? de l'impact des fréquences
d'achat sur la perception des prix ? de la volatilité des changements de prix ?
des modifications accélérées de la liste des produits disponibles (qu'elles
permettent ou non l’extension des choix possibles? de la transformation de «
biens gratuits » en « biens économiques » (l'air, l'eau, le silence, ...) etc.
Sur ces thèmes, je continue à trouver que l'INSEE (et aussi
les universitaires dont la vocation est d'éclairer les problèmes en gestation)
est insuffisant depuis pas mal de temps - alors que dans les années 50 il a
entrepris ou favorisé des travaux originaux dont la portée n'est apparue que
plus tard.
Les universitaires et statisticiens américains se posent plus
de questions que nous. Devant l'accroissement vertigineux du « sur mesure » que
permet l’informatisation de la production et que rend inévitable la concurrence
effrénée à la base du capitalisme mondialisé, la notion d'indice de prix
garde-t-elle un sens ? Effectuant souvent des allers-retours Orange-Paris par le
TGV 6098/6099, j'ai renoncé à comprendre les variations du prix du billet, et je
me demande comment les statisticiens intègrent aujourd'hui « le » prix du km
SNCF dans leurs calculs d'indices.
Je suis d'accord avec ton idée (que j'ai proposée naguère au
comité de direction de l'INSEE, ce qui a suscité sur les figures des autres
directeurs un sourire de commisération amusée) : l'INSEE devrait continuer à
recueillir les données de base sur les prix élémentaires, sans doute en plus
grand nombre qu'aujourd'hui (ce que facilite l'informatisation de la chaîne de
recueil des ces données) puis commercialiser le contenu, la production et la
livraison d'un indice « sur mesure » à partir duquel chacun(e) ou chaque groupe
pourrait juger l'évolution de son pouvoir d'achat ou négocier sa prochaine
augmentation de salaire.
Mais ceci ne corrigerait pas l'une des insuffisances des
théories économiques actuelles qui toutes supposent possible, au moins
conceptuellement, de dénombrer les biens alors qu'on va vers un continuum qui
exige un nouvel appareil conceptuel, sinon mathématique. On approche cette
difficulté quand on essaie de réfléchir à la façon de formaliser a priori et en
termes économiques la « production » d'un artiste...
3 janvier 2007 : D'accord avec
Le ridicule des traîtres ! La plupart des baragouineurs d'anglais sont loin
d'en maîtriser les nuances indispensables pour analyser et discuter finement
tout problème tant soit peu complexe. Il serait finalement « rentable », en
termes de développement du cerveau, de faire apprendre à fond aux enfants non
seulement leur langue « locale » mais aussi plusieurs autres langues. Frédéric
Mistral a dit (en provençal) « celui qui possède sa langue tient les clefs de sa
prison ».
Mais où en serions-nous si nos ancêtres gaulois » (ou ibères,
teutons, cimbres, étrusques etc.) ne s'étaient pas mis peu au latin de cuisine,
et combien de dialectes tribaux totalement différents faudrait-il maîtriser pour
se comprendre dans le seul Hexagone (à l'instar des indiens d'Amérique du Nord
avant-hier et des Papous de nos jours) ?
Je me console en me disant que si parler plusieurs langues
(surtout le chinois, n'est-ce pas ?) éveiller l'esprit, et si Darwin a raison,
les malheureux anglo-saxons, n’ayant pas à faire cet effort, seront peu à peu
éliminés au profit des multilingues plus vifs d'esprit : il ne restera plus
d'eux que le souvenir de leur langue. A moins que nous ayons un métro (ou une
caravane) de retard, et que le sabir à redouter ne soit le frarabe plus
que le franglais !
2 janvier 2007
: En ce qui concerne
l'anglais de nos enseignes, je ne sais plus quoi
penser.
Pendant mes 40 ans de journalisme je me suis
battu pour éviter le franglais et les anglicismes dans mes écrits. Mais le monde
a changé et j'opte pour l'anglais quand le français n'est pas indispensable ou
ne va pas de soi. Mon option : promouvoir la culture française (en particulier
dans l'informatique graphique), mais en laissant tomber une langue qui se
fossilise progressivement par la volonté d'une majorité de français et de
l'Académie Française (qui est en train de détricoter le travail accompli en
informatique par la commission spécialisée que présidait mon ami Renard).
Let us be
French, but let us speak the World Language, which is still (but more and more
wrongly) called "English" (and is sometimes so bizarrely used by our good old
British).
* *
Bravo pour votre article sur la langue
française : Etiemble (Parlez-vous franglais ?) , Orwell (1984)
et Aymé (Travelingue) ont défendu à leur façon la même idée : pour tuer
une idée tuer le mot, pour tuer une culture tuer sa langue. Empruntons aux
langues étrangères les mots correspondant à des concepts qui n'existent pas
encore en français - est-ce que « transcendance » existe en chinois ? - mais
utilisons notre langue quand elle suffit. En informatique j'utilise l'anglais -
nécessité fait loi- mais j'utilise le français pour expliquer à mes collègues le
rôle de la journalisation dans l'administration d'une base de données : je parle
de "journaux avant et de journaux après modification" et non de "rollback
segments and redo logs". Celui qui ne connaît ni le jargon d’Oracle ni l'anglais
mais qui a un minimum de culture informatique me comprend.
* *
Dans « Le
ridicule des traîtres » tu dis des choses justes et bien observées : les
réunions où la plupart des participants font semblant de comprendre ce que dit
l'orateur ; la qualité de la pensée qui se dégrade lorsque la communication se
dégrade ; l'exclusion de ceux qui ne maîtrisent pas cette langue ; la perte de
la précision du langage, car on s'exprime moins bien dans une langue étrangère
que dans sa langue maternelle ; la détérioration de l'anglais lui-même, avachi
au niveau d'un pidgin international.
Puis tu dis
que « la solution, pour l'Europe, consiste à savoir comprendre plusieurs
langues de telle sorte que chacun puisse s'exprimer dans sa propre langue ».
Sachant que l'espéranto est plus facile à comprendre et à parler que toute autre
langue, que c’est un instrument de communication précis malgré sa simplicité,
qu’il n’exclut personne (car il repose sur un Fundamento, code génétique de la
langue, qui la définit précisément et simplement, appartient à tous ses
locuteurs et symbolise l’égalité de tous).
Une autre
solution possible pour l'Europe serait que chacun fasse de l'espéranto sa langue
seconde. Son usage serait alors non pas "un moindre mal", mais un bien pour
tous. En outre chacun comprendrait mieux ce qu'il dit dans sa propre langue ! En
effet beaucoup de gens parlent mal leur propre langue maternelle et ne
maîtrisent pas leur propre langue de pensée. Apprendre l'espéranto peut leur
permettre de faire des progrès (c'est ce que j’ai vécu pour ma part).
* *
A propos du
ridicule des traîtres : le site
http://www.languefrancaise.net indique de France Telecom et Seillière ont
été lauréats du prix de la "carpette
anglaise".
21 décembre 2006 :
Qualité de service : la boucle locale du réseau
téléphonique" est
savoureux et les déductions que vous tirez de cet incident (hélas fréquent par
chez nous) sont tout à fait pertinentes. Je crains toutefois que vous ne
prêchiez dans le désert. La qualité de service va en se dégradant, c’est encore
plus vrai des cyberprestataires.
Ne
vous plaignez quand même pas trop car vous avez l’ADSL (quand ça marche !), moi
au village je ne peux même pas l’avoir.
* *
J’ai lu ton pamphlet avec
attention et je suis d’accord avec toi. L’esprit de QS fout le camp, et les gens
de France Telecom regardent les choses se dégrader sans rien faire. Je suis même
étonné que tu aies pu parler au 1013, car souvent on attend si longtemps que
l’on raccroche furieux et si l’on a appelé avec son mobile Orange car sa ligne
fixe est en rade, on paie le temps d’attente ! Avec les services haut de gamme,
par exemple « ma Ligne TV », c’est encore pire. L’âge d’or est derrière nous, et
pas seulement parce que nous n’avons plus vingt ans !
* *
Contrairement
à mes collègues de France Telecom, je ne tombe pas des nues car je trouve tout
ceci conforme aux logiques qui se sont déployées ces dernières années :
ouverture à la concurrence, prégnance des marchés financiers, évolution des
entreprises depuis l’explosion de la bulle, génération de managers à la tête des
grandes entreprises etc.
* *
Génial ! Le
reportage
photo est saisissant, les effets discriminants de la météo sont surprenants, la
conclusion sur la qualité de service et les économistes est criante de vérité.
20 décembre 2006 :
"Qualité de service : la boucle locale du réseau
téléphonique" est un travail de reporter, photos à l'appui. Évidemment
les "boys" de France Telecom à Paris "tombent du ciel " car
ta boucle locale marche, si j'ai bien compris, avec la pluie ou le beau temps
(comme les cours de Bourse d'ailleurs, dont celui de France Telecom selon Michel
Aglietta). Le service du public n'est plus à l'ordre du jour dans la
stratosphère financiaro-politique. Elle aussi risque de tomber de haut quand
quelques poids lourds, type Google ou autres, vont couper ses filets de sécurité
et de certitudes...
19 décembre 2006 : Votre
texte A propos de l'indice des prix
me semble être un des meilleurs papiers sur le sujet. Il permet de
comprendre où faillissent les "politiques traditionnels" : ils croient que les
indices doivent refléter la réalité vécue par les gens. Si l'indice ne le fait
pas, il faut le changer, pensent-ils. Or l'indice n'est que la valeur qui
s'affiche sur un thermomètre. Un thermomètre ne mesure que la chaleur, pas la
pression ni l'humidité, et si les gens se sentent mal à l'aise à cause de la
pression ou de l'humidité, il n'y a pas de quoi casser le thermomètre.
Dans l'économie nouvelle, que vous expliquez si bien, le
champ de pertinence de notions comme "pouvoir d'achat" et "inflation" est
réduit. Les gens ne disent "pouvoir d'achat" et "inflation" que parce que les
médias le leur serinent. D'eux-mêmes, ils diraient plutôt "crédit pour la
maison", "abonnement à Canal+", "on n'a plus rien à moins d'un euro", "je n'ai
pas eu d'augmentation de salaire", "je suis dans le rouge", "l'année prochaine
on verra". Dans une économie imprévisible et menaçante, diversifiée, avec des
biens changeants, et fondée sur le matraquage médiatique des envies ("cette
échelle télescopique, il vous la faut" : j'ai entendu ça sur une émission de
téléachat), les gens craignent de perdre en capabilities, en pouvoir
d'influencer leur destin.
* *
Ton papier sur l'indice des prix est bien sûr
très pertinent. Je ferai trois observations :
1. à propos de la Terre, qui est sphérique : c'est à l'évidence contraire au
sentiment que nous pouvons tous en avoir ! Ceux qui le prétendaient ont dû
affronter des tas d'objections de bon sens.
2. Rappelons qu'on a parlé d'indice "du coût de
la vie", d'indice des prix, de "budget-type", de pouvoir d'achat, etc. Ce sont
des notions différentes qu’on mélange allègrement. Le pouvoir d'achat dépend à
la fois du revenu et du prix des choses ; entre les deux, il y a les modes de
consommations. Si je décide que j'ai besoin du téléphone mobile dont je m'étais
passé jusqu'alors, cet achat supplémentaire réduit mon pouvoir d'achat (mais
augmente peut-être mon niveau de vie ou ma satisfaction).
3. le sentiment croissant, dans la période
présente, que les prix évoluent autrement de ce que l'indice observe s'alimente
des divers phénomènes que les commentateurs ont rappelés : produits au prix
desquels on est plus sensible, caractère plus ou moins contraint de certaines
dépenses, situations personnelles en écart par rapport à la moyenne, etc. Un
autre phénomène semble jouer : le développement des offres commerciales
forfaitaires (carte orange du métro parisien, forfaits téléphoniques etc.). En
résulte une déconnexion entre ce qu'on paie et la quantité que l'on consomme :
l'unité n'a plus de prix pour le consommateur. Les statisticiens reconstruisent
un prix en divisant le montant payé par le volume consommé, mais personne ne
fait ce calcul pour soi et chacun est donc porté à ressentir comme prix le total
payé, c'est à dire la dépense, là où les statisticiens continuent à calculer un
prix.
Ces divers aspect ont été évoqués lors du "café
de la statistique" le 20 février dernier (cf. la page du "groupe statistique et
société" sur
www.sfds.asso.fr.
22 novembre 2006 : J'ai trouvé
Consolider les fondations très pertinent.
L’enseignement, dans le secondaire et le supérieur, est formaté et mécaniste
(« applique telle méthode ou tel principe et ça marchera »). Le pourquoi et la
raison d'être des disciplines scientifiques ne sont pas abordés. Une
collection publiée par les éditions « Le Pommier » m’a permis de reprendre
l’étude des mathématiques : c'est une joie que de découvrir des choses que je
n’avais pas su voir auparavant. Votre anecdote sur l’Introduction à la
philosophie me rappelle par ailleurs
Présentation de la philosophie de A. Comte-Sponville.
11 novembre 2006 : J'ai réalisé
l'année dernière un mémoire de fin d'étude sur la valeur stratégique des
EIS (Executive Information Systems)
dans le contrôle de gestion. Vos articles sur les Systèmes d'Information m'ont
été très utiles (j'ai bien entendu cité mes sources). Ce mémoire, très modeste,
m'a permis d'obtenir la note de 15/20 et a beaucoup pesé pour mon entrée en
Master 2 (il pèse encore beaucoup lors des entretiens professionnels). Je vous
remercie de faire partager vos connaissances de manière si large.
4 novembre 2006 : Je lis
systématiquement en premier les commentaires de tes lecteurs. Ceux qui
découvrent volle.com apprécient, puis deviennent fidèles. Tel est mon cas.
4 novembre 2006 :
J’ai profité d'un moment de calme pour ouvrir
e-conomie. J'adore ! Comme mes cours
de statistique ne m'ont pas laissé des souvenirs impérissables, je saute les
passages mathématiques. En revanche, je dévore les rapprochements micro et
macro-économiques car ils concernent notre époque (étant né dans la nouvelle
économie, je n'ai que peu de références sur l'ancienne économie). Le modèle que
tu décris sera une évidence pour la prochaine génération.
3 novembre 2006 :
Dans
Le coeur secret de la France, vous écrivez : "Indiquons un ordre de grandeur
: la part des animateurs dans la population active me semble être de l'ordre de
10 à 20 %. Cette élite est donc à la fois minoritaire et relativement
nombreuse." J'ai pratiquement toujours travaillé hors de France, dans des
structures très diverses, et j'ai constaté que le pourcentage dont vous parlez
est assez stable dans toutes les populations. La différence d’efficacité entre
tel et tel peuple est plutôt due à la puissance du frein que représentent les
80-90% restants, frein qui dépend beaucoup de l’environnement culturel, de
l’éducation, etc...
31 octobre 2006 : J’ai bien aimé
Le coeur secret : tes animateurs n'ont peut-être
pas lu les plus grands esprits, mais ceux-ci ont su universaliser l'essence de
cette France. Ils ont en commun la pratique du service de l'autre, chose qui
s'apprend et s'applique et qui est très efficace. Dans le monde dominé par les
TIC c’est le facteur humain (tes animateurs vertébrés) qui est la clé de
tout, et non la machine ni la technologie.
Passons à l’illettrisme de l'aristocratie médiatique.
Les classes sociales qui disparaissent se lamentent, car elles croient que le
monde disparaît avec elles. Nos « intellectuels illettrés » leur servent de
porte-pensée. Nous assistons à la prise de pouvoir par l'absolutisme des
ignorances, qui fabrique de la peur à des fins inavouées.
Enfin la
victoire de Ben Laden
était presque écrite dans le « Project
for the New American Century », pour qui Ben Laden est à la fois un prétexte
et un allié objectif.
21 octobre 2006 : Dans Gaffe
ou propos délibéré ?, vous vous demandez « Faut-il classer parmi les gaffes
le discours qu’a prononcé Benoît XVI et qui a soulevé tant d’émotion chez les
musulmans ? Ou faut-il croire qu’il a parlé ainsi de propos délibéré ? »
Une telle introduction revient à sacrifier au politiquement
correct et à faire croire que les manifestations qui s'en sont suivies étaient
justifiées.
Ne peut-on plus parler librement de l'islam maintenant ?
Même si on pense que Manuel II avait tort, doit-on ne jamais le citer ? À terme,
aucune critique ni recherche historique ne serait plus possible.
Parler de « gaffe » revient à occulter le discours pour
n'en garder que l'introduction. Son sujet était « foi, raison et université »,
et non l’ islam. Votre réprobation du discours aurait dû s'accompagner d'un
sérieux doute quant à son traitement médiatique.
Vous dites « Il serait stupide de reprocher à l’islam une
intolérance qui, dans l’histoire, a été plutôt moins fréquente et moins absolue
chez lui que chez les chrétiens ». L'Asie mineure a été chrétienne jusqu'à
l'expansion musulmane. Croyez-vous que ses habitants se sont convertis parce que
les prédicateurs musulmans avaient des arguments supérieurs à ceux des chrétiens
?
Que vous ne soyez pas d'accord avec le Pape, libre à vous.
Mais vous passez sous silence sa rencontre avec des dignitaires musulmans qui a
suivi cette hystérie médiatique, rencontre dont les dits dignitaires se sont
dits satisfaits. Entretenir cette histoire de « gaffe », c’est hurler avec les
loups médiatiques.
4 octobre 2006
: Lecteur régulier de votre site, j'ai pour la
première fois une critique à formuler.
volle.com a été un blog avant l'heure. Vous y présentez vos textes en
suivant un axe chronologique et un axe thématique, publiez les commentaires de
vos lecteurs et votre éventuelle réponse. Un flux
rss est disponible, comme sur un « vrai » blog. Le fait que votre site ne
permette pas l'interactivité n’est qu’un problème d'outil. Je n'ai donc pas
compris votre décision d'ouvrir une page
sur blogspot : avoir deux sites distincts, l'un contenant les textes,
l'autre les réactions, alourdit inutilement la forme. Vous devriez plutôt
installer un logiciel de blog sur
volle.com en parallèle du contenu statique actuel. A terme, l'intégralité de
votre site serait reformatée sous forme de blog. D’autres solutions plus
techniques pourraient parachever le travail, comme la redirection automatique
des pages statiques vers les billets du blog.
2 octobre 2006 : Je réagis à ton
article : Le Standish Group
nous aurait-il trompés ? J'ai souvent cité cette référence, non comme une
statistique fiable mais comme un témoignage ayant la même "valeur" que la
citation d'une personne, c'est-à-dire qu'une opinion ou une vue sur la
"réalité". Je n'ai jamais cru à l'exactitude de ces statistiques.
Comment mesurer le succès ou l'échec
d'un projet dans les SI? Je reprends deux de tes réflexions dans "Ingénierie
de systèmes et SI" : "Il existe un écart entre l'organisation humaine, dont
le flou est à la fois naturel et entretenu, et le logiciel dont le
fonctionnement est automatique", "dans les systèmes d’information, les exigences
initiales sont souvent démesurées. Il faudra savoir ne retenir parmi elles que
les 20% vraiment indispensables, leur sélection devant être dûment justifiée."
Définir le succès d'un projet est
difficile. En l'absence d'une telle définition, les statistiques, fussent elles
bien menées, ne donnent qu'une mesure de l'opinion (versatile) des interviewés.
1er octobre 2006 : Je
viens de lire attentivement «
Gaffe ou propos délibéré ? ». Ce texte est remarquable et je pense que si le
Pape le voyait, il te dirait merci. J'ai essayé d'exprimer autrement : « Si Dieu
agissait contre la raison, il agirait de façon contraire à sa propre nature »,
autrement dit il est la raison même.
Or il est l'Être et de cet
Être découle la raison. Pour nous, esprits grecs, la raison, c'est la faculté de
raisonnement, mais le « Je suis » de la Révélation emporte tout raisonnement.
J'admire des phrases comme « Le fait brut de l'existence, dans sa simplicité,
pèse plus lourd que les architectures de la raison», « La démarche rationnelle
ne peut trouver son sens que là où les valeurs orientent nos intentions. »
Nos valeurs, c’est la nature
elle-même : que les théologiens ne se penchent pas sur ce genre de recherche est
rare, dis-tu : pas si rare que ça, mais le pape en la circonstance, peut-être.
En tous cas il aura suscité des réflexions. Il aura malheureusement aussi, bien
involontairement, provoqué de la folie. Ta conclusion dit, en trois mots, juste
ce qu'il faut dire et que bien des gens ont besoin d'entendre.
19 septembre 2006 : Les idées que vous
exprimez, même si je ne les partage pas toutes, ont toujours une indéniable
qualité. Mais «
Gaffe ou propos délibéré ? » me paraît hors de vos habitudes. La réflexion y
emprunte des raccourcis. Votre résumé du discours occulte sa conclusion, qui
indique parfaitement le contenu, les objectifs et la distance que le pape prend
par rapport au texte original. Votre propre conclusion semble moins ouverte au
monde et vos propos bien plus blessants.
Vous dites : « Le Pape aurait pu trouver pour
parler de l’islam des citations moins provocantes dans le contexte actuel. »
Je ne vois aucune provocation dans le discours du pape. La vérité fait souvent
mal, mais doit-on dans le cas présent dire que toutes les vérités ne sont pas
bonnes à dire ? Toute religion peut être soumise à la critique, votre phrase
suivante est d’ailleurs critique envers l’église catholique. Tout comme les
anciens toxicomanes qui viennent au lycée faire de la prévention, cette Eglise a
le droit de prévenir d’autres religions des risques que présentent certaines
dérives par lesquelles elle est passée.
Vous dites encore « Ce n’est pas en citant des
insultes proférées jadis que l’on pourra ouvrir un dialogue mutuellement
respectueux entre enfants d’Abraham. » Au XIVe siècle, les propos
pouvaient être « d’une rudesse assez surprenante ». De nos jours ils suscitent
le meurtre (une religieuse à Mogadiscio), la destruction d’église (à Gaza) et
des menaces d’attentat. Peut-être les lumières de cet âge que l’on dit sombre
étaient-elles plus intenses que celles de l’islam contemporain.
Vous dites « Ce n’est pas non plus en figeant
dans son image actuelle, d’ailleurs éventuellement fausse, l’idée que l’on se
fait d’une grande culture que l’on pourra engager ce dialogue : il ne faut pas
réduire l’islam à l’islamisme, ni le judaïsme à la politique de l’état d’Israël,
ni le christianisme à une gaffe du Pape. » Le pape en appelant au dialogue
cherche justement à recréer un lien avec l’islam des lumières, qui doit
désormais faire entendre sa voix et condamner haut et fort l’islamisme. Le
politiquement correct a des limites ; en les franchissant vous êtes tombé dans
le bien-pensant.
Je ne réduirai cependant pas votre pensée à ce
texte que je considère comme une gaffe et je continuerai à lire, avec plaisir,
vos divers papiers.
16 août 2006 : Je suis tombé sur
ton site en suivant un lien à propos d’un article du Monde sur la
décroissance. Je suis resté plus d’une heure à en
faire le tour des articles tant je me suis reconnu dans tes analyses. J’ai
particulièrement aimé celles sur la sagesse, sur les
enfants gâtés, sur la
croissance intelligente, la lettre au dirigeant et
enfin ta conversation avec Pierre Musso sur les
valeurs et les ressorts de l’action. Pour un ingénieur
consultant en organisation, c’est une délectation. Je me sens conforté dans ma
fierté d'ingénieur créateur, je comprends mieux d’où viennent la sinistrose et
le délitement actuel de notre contrat social, je mets du sens dans les missions
qui font mon quotidien.
12 août 2006 : L'utilisation des
méthodes, en particulier celles que tu cites,
c'est l'introduction de la bureaucratie dans les projets informatiques : plus
lent, plus cher, moins bien, et en cas de pépin personne n'est responsable. Un
exemple : l'échec d'Ariane 5 (voir
http://sunnyday.mit.edu/accidents/Ariane5accidentreport.html), qui est à
cent pour cent attribuable à l'emploi des méthodes en informatique. Le coupable
était le système informatique de contrôle commande, jamais testé dans son
ensemble ni sur la trajectoire réelle de la fusée, mais qui avait passé avec
succès toutes les épreuves de la bureaucratie qualité. Je ne citerai pas MERISE,
grande fossoyeuse de projets dans l'administration... Pour juger les méthodes,
un test simple : les résultats. Autre test : regarder comment font ceux qui
réussissent (Google, Amazon, Yahoo etc.). Ils parlent rarement de méthodes, mais
plutôt du résultat.
Quelques saines lectures :
http://www.extremeprogramming.org/ et
http://www.joelonsoftware.com/, par celui qui a dirigé le développement
d'Excel chez Microsoft. En informatique, de nos jours, rien ne remplace la
qualité de l'équipe, surtout pas la méthode. Il faut laisser le chef de projet
mettre en place ce qui lui semble le plus approprié en fonction des résultats à
atteindre.
31 juillet 2006 : J’approuve votre article « À
propos du parti de la décroissance ». Les objectifs que vous définissez
consistent à préserver le bien-être des êtres humains d’aujourd’hui tout en ne
nuisant pas à celui de la postérité. Ces objectifs sont aussi ceux des
objecteurs de croissance. La décroissance n’est pas une fin en soi mais un moyen
pour favoriser l’émergence d’une humanité plus humaine et pacifique.
Les décroissants souffrent d’une image négative. Il est vrai qu’a priori la
décroissance matérielle n’est pas le processus le plus enthousiasmant. On croit
que la décroissance remet en cause des acquis de la médecine. Or le Parti pour
la Décroissance est un parti humaniste, qui conditionne la protection de
l’environnement au respect des droits humains.
La « croissance propre », la « croissance verte » ou la « croissance durable »
sont des concepts déresponsabilisants, la société se reposant sur la techno
science pour résoudre nos problèmes sociaux et écologiques. La décroissance,
elle, vise à situer les réponses sur le plan politique. Le partage et la
sobriété sont les clés d’un avenir viable, pour des raisons écologiques mais
avant tout pour renouer avec des valeurs qui fondent notre humanité.
10 juillet 2006 : Sur les
pertes américaines en Irak : l'armée
US est peut-être la plus mauvaise organisation au monde (tu as pu le lire dans
le New York Times). Une femme réclame une pension après la mort de son
mari, lieutenant tué au combat. D’après les données du Pentagone il n'était pas
marié, n'avait pas d'enfants, habitait au nord et non en Floride : tout faux !
Pire encore : cette armée a dans ses rangs beaucoup de latinos et autres engagés
(pour se faire trouer la peau ou pouvoir devenir citoyen américain après la
guerre) : ces mercenaires sont-ils comptés ou non dans les pertes ?
8 juillet 2006 : On parle à propos de
Clearstream de la vente de vedettes à
Taïwan, il y a eu d'autres contrats beaucoup plus importants. Taïwan exige que
le fournisseur étranger s'engage à ne pas verser de commissions. Si un versement
de commissions est prouvé, le fournisseur doit diminuer d'autant le montant du
contrat (puisqu’il avait majoré d'autant son prix de vente…) C'est sans doute ce
risque financier colossal qui incite les ministres de droite et de gauche à
invoque le secret défense. Nous ne connaîtrons sans doute jamais la vérité.
30 juin 2006 : Je me
délecte à la lecture de ton site : l'article sur
Bourdieu, sur les enfants gâtés, sur les
tableaux de bord, la
lettre à un dirigeant etc.
Je me retrouve dans ce
que tu écris. Je me dis "Ah mais oui, c'est exactement ce que je pense,
mais c'est bien écrit et bien formalisé". Ainsi j'ai l'impression de ne pas être
seul au monde avec mes idées.
23 mai 2006 : Les dirigeants
devraient lire De l’Informatique.
Ils comprendraient que la valeur de l'entreprise ne se résume pas à eux seuls,
alors qu’ils considèrent trop souvent les salariés comme des facteurs de coût,
des automates humains incapables de penser et dépourvus de savoir-faire. Cela
leur permettrait de se remettre dans leur rôle (l’organisation de l’entreprise)
et de démystifier l'informatique, qui doit servir l'utilisateur et non lui
dicter sa conduite.
9 mai 2006 : Je vais
diffuser ton texte sur l'extrême droite. Tu as fait le
ménage dans ta tête, et c’est difficile… je n’aurais pas su par exemple
identifier avec la même précision la cause du dysfonctionnement des régimes
fascistes. Tu as connu ce milieu, tu as réfléchi au phénomène, tu ne
sous-estimes pas l'adversaire, tu utilises des mots simples et compréhensibles.
Je te remercie pour tes textes clairs et intelligents, sans mièvrerie ni « politiquement
correct ». Ton site est un recueil d'idées et de pensées comme je n'en avais
jamais découvert.
5 mai 2006 : Je suis en train de
lire De l’Informatique.
Quelle délectation ! Le fonctionnement des entreprises que j'ai pu connaître
durant ma petite expérience professionnelle (j’ai débuté en 1998) est semblable
à celui des grandes sociétés que vous évoquez. Je vous envoie en
pièce jointe un peu d'eau pour alimenter le moulin.
16 avril 2006 : J’ai
lu votre article dans Le Monde. Avec le
CPE, comme pour le « non » au référendum européen, la casse est sans doute plus
lourde qu'on ne l'imagine. Mais la frivolité n'est plus l'apanage de
l'aristocratie : les classes possédantes, laborieuses et chômeuses s'y essaient
avec délice. Votre description des difficultés que rencontrent les patrons des
petites entreprises fait chaud au coeur parce qu'elle est exempte du mépris dont
on les accable d'ordinaire. On les traite de poujadistes entre deux soupirs
distingués mais il n’est guère de bourgeois de gauche (ou de droite) qui ne
deviendrait en trois semaines un poujadiste enragé s'il devait subir les
contraintes administratives auxquelles est soumis un artisan. Ça fait du bien de
voir un économiste qui n'exclut personne de son champ de compréhension pour
cause de préjugé de classe ou de statut.
15 avril 2006 : Dans
ton article dans Le Monde, tu te fais
l'ardent défenseur du CPE pour les toutes petites entreprises. Je comprends
qu'il y a une certaine délectation pour un ancien militant d'extrême gauche à se
lancer dans la défense d’une cause soutenue par le droite et combattue par la
majorité du pays. C'est une autre manière de souligner qu'on appartient à une
élite. Mais tu aurais dû lire le texte de la loi avant de voler à son secours.
Ton argumentation repose sur le fait que les entreprises artisanales ont
besoin d'un dispositif qui leur permette de sélectionner leurs salariés en toute
sécurité, et que le CPE était un pas dans ce sens. Or le texte de la loi précise
que le CPE est réservé aux entreprises
de plus de vingt salariés
! Ton argumentation s'écroule. C'est le CNE que tu aurais du défendre.
14 avril 2006 :
réactions suscitées par l'article « L'angoisse du petit patron
face à l'embauche », Le Monde, 14 avril
2006.
11 avril 2005 :
« L'approche de l'entreprise par le système d'information me paraît toujours
salubre » : c'est dans De
l’Informatique LA PHRASE que tu aurais dû mettre en tête du livre. Cet
ouvrage puissant se prête à plusieurs niveaux de lecture. Il est d’abord
difficile d'accrocher car ça paraît technique et les chapitres ne commencent pas
par des phrases choc. Il faut les lire et relire pour analyser leur fondement.
C’est comme ton site, qui paraît austère mais recèle de perles de réflexion et
de fraîcheur, le tout relativement accessible (c’est-à-dire compréhensible).
Ce livre déroutant est
construit de façon inhabituelle. Avec ce qu’il contient et des titres plus
« vendeurs » tu aurais pu faire quatre ou cinq livres. C'est complètement
déstabilisant. Certes la sagesse invite à la prudence et au respect mais là
c'est trop et c’est dommage, car vu ton expérience (fonctionnaire - entrepreneur
dans le privé - grosses et petites entreprises) tu as beaucoup à transmettre.
5 avril 2005 :
Avec La Fronde, tu seras le dernier à sauver Villepin
de la Bérézina où l'a entraîné son autisme aristocratique. Je suis effondré
d'apprendre qu'avec 3 millions de tes anciens camarades je fais partie des
« réactionnaires » ! Les Cévennes ont l'air de te rendre aveugle. Pourtant c'est
le pays des Camisards.
5 avril 2005 :
J’ai lu la
conclusion de De
l'informatique : texte profond et subtil qui, avec ta magical touch
habituelle renvoie, à partir d’un sujet technique (l’automatisation), au respect
de soi et des autres. Tu reviens toujours au rappel des mêmes valeurs, chaque
fois selon des chemins différents. J'aime ce regard à la fois froidement lucide
(quand tu analyses) et chaleureux (quand tu dégages des perspectives pour l’être
humain) sur une société qui s'automatise sans savoir prendre la mesure du
phénomène.
3 avril 2006 :
La Fronde dit ce que les chefs d'entreprises devraient
dire. Je regrette que les défenseurs du CPE n'ai pas décrit cela. Le MEDEF,
désemparé, ne sait pas dire que le robinet de l’emploi serait ouvert si
l'employeur était en confiance, s’il ne risquait pas de tomber dans des
difficultés juridiques et administratives.
Même si je suis jeune,
je ne vois pas l'avenir plus sombre qu'aujourd'hui : comme nous sommes au fond
de la piscine, nous ne pouvons que remonter.
3 avril 2006 : J'ai
adoré la Fronde. Es-tu
d'accord avec Jacques Marseille selon qui seule la révolution peut, en France,
faire bouger les choses ?
2 avril 2006 :
Je suis d'accord avec vous sur le fond en ce qui concerne le
CPE. Tout cela résulte de vingt ans de mensonges : des jeunes ont été
conduits sans véritable orientation vers des formations (socio, psycho,
histoire...) non reconnues par les entreprises.
Une France des
réseaux, recroquevillée sur elle-même. Je ne suis pas optimiste.
31 mars 2006 :
De l’Informatique
est passionnant, magnifiquement documenté. J’y vois un travail de recherche
phénoménal et j’y trouve les éléments qui ont accompagné ma carrière de
professionnel de l’informatique. Sur le fond je suis en accord avec vos
analyses, que ce soit le socle historique ou la vision philosophique de
l’entreprise et de son avenir. Vous exprimez ce que je pense sans avoir eu
l’énergie de le mettre par écrit ! Toutefois les citations issues d’une langue
étrangère devraient être en français, avec le texte dans la langue d’origine en
note de bas de page.
J’ai travaillé 15 ans dans et avec des
entreprises américaines. Je pense que les entreprises américaines et européennes
évoluent vers un modèle analogue, qui ne laissera au contrôle par les
actionnaires que la part qui leur revient raisonnablement.
31 mars 2006 :
J’ai lu De l’Informatique.
Je l’aurais plutôt intitulé De la vie des entreprises. C'est très bien et
même très beau, mis à part le ballet des mots « positionnement,
professionnalisation, questionnement, organisationnelle, faisabilité,
évolutivité, interopérabilité, exponentiellement, dimensionnement » qui m'amuse
plus qu'il ne m'étonne. Mon passage préféré, c'est celui où tu parles de
« servitude et grandeur ».
30 Mars 2006 :
De l'Informatique, c'est
gros, solide, affirmatif, du Michel Volle quoi, et il y a de la matière.
20 mars 2006 : Pas d’accord avec votre
texte relatif au CPE. Combien d'embauches supplémentaires
peut-on en attendre ? Le gouvernement n'a pas répondu à cette question (une loi
votée sous le gouvernement Juppé l’y oblige pourtant, mais elle n’est pas
appliquée ; voir
evaluation.blogspirit.com). Faut-il
faire crédit à M. de Villepin sur sa seule image de vaillance ? Ce serait céder
à cette illusion de "la réforme", de "la mesure", que vous aviez dénoncée dans
Crise de système. Les manifestations anti-CPE me
semblent l'expression d'un salutaire bon sens. Considérer quelqu'un comme "à
l'essai pendant deux ans" n'est en rien "le contrat le plus social jamais
proposé aux jeunes". Les propositions du MEDEF sont si proches de celles de la
CGT qu’il ne devrait pas être difficile d’aboutir à des décisions consensuelles
sur l'emploi des jeunes, si le gouvernement veut bien écouter l'un et l'autre.
12 mars 2006
: Je te félicite d’avoir dit tout haut, à propos
de la liberté d’expression, ce que beaucoup de gens
pensent sans oser le dire. Je
m’étonne que tu sois encore si seul.
Quant à la
taxe sur les billets d’avion, c’est une des idées
saugrenues de notre président. Il vieillit bien mal et il va laisser le pays
dans un sale état.
11 mars 2006 : J'ai bien aimé
De l’Informatique
(entreprise + Montaigne) qui m’a beaucoup appris. La conclusion gramscienne
m'intéresse mais je pense le contraire : le dogme managérial est en train de
s'imposer par le petit bout de la lorgnette (qui est l'inverse du tien), et cela
donne une entreprise Canada-dry. La société française est schizophrène : elle
aime l'Eglise et l'Etat, comme tu le dis, mais s’efforce de singer l'entreprise
américaine sans pour autant en retenir les concepts industrialistes.
21 février 2006 : Ce que décrit la deuxième partie
de De l’Informatique
ressemble à l’aventure que nous vivons dans une administration dirigée par un
grand corps de l'État : rôle ambigu du DSI, à la fois maître d'ouvrage et
actionneur des troupes, de leurs engins et bouts de fils ; incompétence des
chefs de projet, surtout quand ils sont appelés à un brillant avenir dans
d'autres postes ; dérive fatale vers les « solutions » chères, grotesques et
inutilisées.
19 février 2006 :
De l’Informatique est un
excellent ouvrage d'initiation, en même temps qu'une ouverture au monde de
l'esprit. Car cet ouvrage cherche à donner du sens, et donne au lecteur la
liberté d'en trouver plusieurs ! Il apporte une nouvelle lecture de
l'informatique, jusqu'ici écartelée entre les manuels techniques et les sommes
de prétention inculte.
13 février 2006 :
De l’Informatique est une
mine et un monument ! C'est aussi un livre d'« aventure » : j'apprécie la
présence de l'auteur, sa subjectivité, ses réflexions, ses apartés
pluridisciplinaires.
9 février 2006 : Je crois que les
lecteurs de De l’Informatique
apprécieront, comme moi, le ton incisif et en même temps non-agressif avec
lequel tu traites les questions de pouvoir. Tu appliques cette phrase que l’on
attribue à Talleyrand : « Ce que les
mots gagnent en violence, ils le perdent en force ».
4 février 2006 :
Je n'ai pas encore lu
De l’Informatique mais la
table des matières est alléchante. Cependant le titre me semble un peu
prétentieux : on dirait que tu considères ta contribution comme l'écriture
définitive et finale sur le sujet.
Je suis d'accord avec ce que tu dis sur l'usage du mot « jeunes »
à la place de « voyous » et sur le langage
politiquement correct, mais le mal est fait : un retour sur ta ligne ne
serait pas compris car une proportion élevée des émetteurs continuera à parler
en français politiquement correct. Je crains que tu ne te battes ici contre des
moulins à vent.
4 février 2006 : Après
avoir lu « Vivre et travailler dans les Cévennes »,
j'ai parcouru le site de Sénéchas. Il m’a
donné l'envie de faire mes valises, de fuir la grisaille du béton pour rejoindre
le pays cévenol.
4 février 2006 :
Quel
beau texte que « Sérieux et gravité » ! même si
ma belgitude ne me permet pas de m'approprier Victor Hugo en raison d’un cruel
manque de références… Connaissez-vous le dessinateur belge Pierre Kroll ? Il a
fait une délicieuse
caricature des frères Dardenne recevant la palme d'or à Cannes.
3 février 2006 : Je ne suis pas d'accord avec ta
conception d'un post-modernisme blasé et
pessimiste, ni avec ton interprétation de l'œuvre de Dupuy. Dans Pour un
catastrophisme éclairé Dupuy explique en quoi les prophètes de malheur sont
utiles : ils catalysent les réactions du peuple de telle sorte que les
catastrophes ne se produisent pas. On peut vivre avec un schéma où cohabitent
une force prométhéenne, créatrice, innovante, et une préoccupation
environnementale qui vise à limiter les effets pervers de l'innovation, à la
canaliser vers ses aspects positifs, la connaissance et la recherche servant
d’outils à cette démarche... Un peu d'optimisme ne messiérait pas.
30 janvier 2006 : Je fais des
réserves sur que tu dis sur le racisme dans le texte sur
les jeunes. Le racisme
n'a rien à voir avec le raisonnement : c'est une passion qui procède par
pulsions. S'il fallait attendre la science pour lui faire obstacle, on serait
mal parti. Il procède par métonymie : « le » juif est « l' » usurier ou « le »
capitaliste, « l' » arabe est « le » voleur ou « le » paresseux, et autres
stéréotypes. Dans Israël : un examen moral, Avraham Yehoshua dit que le
moteur de l'antisémitisme est la peur que cause l'étrangeté des juifs,
différents tout en étant semblables, d’ailleurs tout en étant d'ici. Cette idée
peut s’appliquer aux autres manifestations du racisme. Parler de racisme pour qualifier l’ostracisme
appliqué à une catégorie socioprofessionnelle ou démographique me semble
inapproprié. Cela n'excuse en rien la xénophobie ni l'ostracisme social, mais
mieux vaut distinguer les choses. Je ne parle pas des infra-marxistes qui
croient expliquer le racisme par la concurrence sur le
marché du travail : Marx n'a jamais soutenu cette thèse débile.
19 janvier 2006 : J'ai
bien aimé ton article sur la tentation du DSI. Je
l'ai fait lire par notre DSI et par certains directeurs. Notre entreprise est
tentée de charger le DSI de tous les rôles à la fois et un grand nombre de
responsables, dont probablement le président, semblent penser que « tout ça,
c'est de l'informatique ». Le DSI, lui, a l'air plus lucide mais on verra...
2 janvier 2006 : En surfant sur les sites relatifs à l'Intelligence
Économique et à la gestion de l'information, je suis tombé sur
le bêtisier du langage des
NTIC. C'est tout simplement la meilleure façon de se poiler pendant une
bonne demi-heure. Je regrette seulement que les citations soient anonymes...
2 janvier 2006 : Sur votre site
plusieurs choses me font plaisir :
- un regard d'observateur qui sait appréhender et traiter les sujets
comportant plus de deux paramètres, en identifier les jeux respectifs et rendre
compte de la chose observée de façon distanciée ;
- la primauté donnée aux jeux du savoir sur les jeux du pouvoir : votre
gyroscope indique la position du « meilleur savoir » comme d'autres donnent la
ligne de plus grande pente du pouvoir ;
- une attitude de parent nourricier...
2 janvier 2006 : Dans ton
commentaire sur le Staline de
Montefiore, j'aime bien les exemples que tu donnes sur le comportement des « microstalines »
qui nous entourent et sur les « mini-lâchetés » qui rendent possibles leurs
abus de pouvoir... Avoir besoin d'un « chef », rester aveugle à ses abus, cette
tendance était déjà bien pointée dans la « psychologie de masse du fascisme » de
Reich.
29 décembre 2005
(message provenant de Russie) :
Staline est responsable de la
disparition physique de dizaines des millions de personnes (à la lettre : on a
trouvé sa signature au bas de condamnations à mort de dizaines de milliers de
personnes). Il ne s'agit donc pas seulement de « milliers de gens ». Son
intelligence était à la fois réelle et mythique : l'intelligence des tyrans
réside plus dans leur ruse et leur perfidie, dans leur absence de scrupule, que
dans l'intellect lui-même (l'intellect d’un Staline est ma foi assez douteux) .
14 décembre 2005 : Je
partage l'avis d'un de tes lecteurs : « s'il est tard et que vous avez cours
demain matin, ne vous lancez pas à lire Michel Volle, vous ne pourrez plus vous
arrêter ! ». C'est moi qui ai évolué : je te suis bien dans ton mode de pensée,
et je ne suis plus choquée par tes propos sur
« Je suis la voie, la vérité et la vie. » Je vois le point de vue auquel tu te
places, il ne t'empêche pas d'entendre la grande Voix qui parle.
13
novembre 2005 : La question de l'origine des marchés
est fondamentale mais peu étudiée. Jean Bottéro a observé que plus des trois
quarts des tablettes mésopotamiennes étaient des "papiers d'affaire",
transactions, contrats, comptabilité, actes notariés. Le scénario vraisemblable
fut le suivant : dans le "croissant fertile" mésopotamien, les progrès du
jardinage aboutissent à une surproduction. Pour écouler le surplus, les
habitants organisent des marchés à partir desquels se forment les villes (fin du
IVe millénaire), l'écriture, la métrologie, l'école, les tribunaux. Il faut
aller plus loin chercher les clients : la route de la soie se constitue par
morceaux, parcourue par des caravanes.
Elles attirent des pillards qui se multiplient mais doivent aussi se modérer
car, comme tous les prédateurs, ils faut qu'ils laissent vivre assez de proies
pour assurer leur subsistance future. Ils deviennent des protecteurs de
caravanes en rivalité. D'où la constitution des royaumes, des empires et de la
caste politico-militaire qui détient ce que nous appelons encore actuellement le
pouvoir. Je ne crois pas que l'économie de marché nous ait libéré de la
prédation : elle était antérieure à la prédation, qui s'est construite à ses
dépens.
12
novembre 2005 : J'ai lu « La tentation du
DSI » avec intérêt. Dans mon entreprise existait, jusqu'en 2000, une DSI (en
fait une maîtrise d’ouvrage déléguée) dirigée par Untel et une direction
informatique, maîtrise d'oeuvre interne qui s'occupait des systèmes.
Évidemment, la direction informatique mettait son nez dans la MOA avec tous les
inconvénients que cela présente. Arrive un DG du style « tout ça, c'est de
l'informatique, je ne veux voir qu'une seule tête ». Untel a gagné, le directeur
informatique s'est fait virer. Victoire de la MOA et anéantissement de la MOE
interne, avec les catastrophes qui en résultent : prestataires sans retenue face
à des maîtres d'oeuvre délégués incompétents.
Aujourd’hui Untel se fait grignoter la MOA par les directions des métiers ;
alors il renforce son côté MOE, ce qui n'est pas mal, mais du coup la MOA
déconne de plus en plus, les métiers prenant des initiatives que le DG approuve.
La DSI devient de plus en plus un département informatique (il en faut un de
toute façon) et la vraie MOA professionnelle n'est pas à l'horizon. Il peut ne
pas y avoir d'issue à une telle situation. Ton papier n'est pas beaucoup plus
optimiste.
10
novembre 2005 : Je souhaite commenter « la
tentation du DSI ». Étant DSI moi-même et remercié l’an dernier par mon DG,
je suis aujourd’hui « IT sourcing manager » pour une grande entreprise
américaine. Certes, l’outsourcing est un jeu dangereux, mais l’article de Strassmann auquel vous renvoyez date de dix ans.
Aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont trouvé
le partenaire expérimenté qui assure la « responsabilité de l’usine
informatique » et elles ont une bonne couverture juridique. Le directeur
informatique devient alors un gestionnaire de contrat.
Votre analyse est juste pour les entreprises
qui font leur première expérience de l’externalisation. Les DSI et les DG qui « outsourcent »
pour la première fois ne savent pas gérer le changement : ils ne veulent que
faire des économies. C'est un mauvais calcul, car alors les difficultés que
comporte l’externalisation scandalisent les directions « métier » et le DSI
saute… Le défaut des « jeunes » contrats d’outsourcing, c’est qu’ils prétendent
obtenir avec du personnel externe le service qui était fourni par des gens de
l’entreprise : or c’est impossible.
Si par contre le DG a déjà fait cette
expérience, il maîtriser réguler le désordre qui suit l’externalisation et
laisser au DSI le temps nécessaire soit pour renégocier un contrat qui
satisfasse les opérationnels, soit pour trouver un fournisseur capable de
répondre aux attentes de l’entreprise.
On peut appliquer le même raisonnement aux ERP.
Seul un commercial sans scrupule (hélas ils sont nombreux) peut prétendre que la
mise en place d’un ERP est simple et qu’elle fait faire une économie immédiate.
Par contre il est vrai que si l’on accepte de perdre de l’argent à court terme,
l’ERP peut sauver la vie de l’entreprise à moyen terme. Mais peu de DSI savent
contrecarrer le discours fallacieux des fournisseurs et les DG sont sensibles au
chant des sirènes…
10 novembre 2005
(message de Russie)
: A propos de « qu’est-ce
qu’un jeune ? » : la télévision russe donne une image apocalyptique des
événements en France. Les bonzes au pouvoir ici attendent avec impatience le
jour où viendrait chez vous le temps des « rasages caucasiens », avec beaucoup
de morts : cela leur permettrait de dire au peuple « vous voyez, ça se passe en
Europe comme chez nous ! » Idiots morbides…
Nos
dirigeants, de bas en haut (y compris le numéro un), se contrôlent
mutuellement : tous étant « mouillés », chacun pourrait à tout instant faire
mettre en prison ou discréditer ses subordonnés ou ses chefs. La condition pour
accéder à un poste de dirigeant, c’est donc d’avoir commis une malhonnêteté dans
le passé. « Transparency international » classe la Russie au 126ème rang pour la
corruption, ex aequo avec le Gabon, la Mozambique etc. On nous isole du
monde occidental : une nouvelle fête nationale vient d’être instaurée – le 4
novembre – pour commémorer une victoire douteuse sur les Polonais (lire : sur
l’Occident catholique) en 1612 !
Militer
pour l’avenir compromettrait celui de mes enfants, car nos universités sont de
nouveau sous le contrôle des services secrets. Je préfèrerais aujourd’hui
balayer les rues de Saint-Denis.
10 novembre 2005 :
A propos de « La
tentation du DSI » : IBM a inventé les directions informatiques dans les
années 60-70 pour se débarrasser des comptables et autres grands utilisateurs
compétents et placer aux bons endroits des gens formés par lui et dépendants de
lui. S’étant reconverti dans le « on demand » et l'outsourcing, il a tout
intérêt à faire aujourd’hui disparaître ses anciens complices.
Passionné par la montée des
services, j'ai essayé en 1998 de monter un « que choisir » sur ce sujet dans la
presse informatique, mais je me suis heurté à un mur quand j'ai tenté d'obtenir
la description des prestations proposées.
A
la différence des matériels qui ont plus ou
moins un tarif (avec certes beaucoup d'arrangements pour les gros clients), les
contrats de services sont on ne peut plus confidentiels.
J'espérais que l'on irait
vers un « packaging » avec une granularité fine permettant des comparaisons. Les
« services web », les « application service providers » donnaient une base
intéressante pour rationaliser ce marché. Mais les prestataires se sont
gardés d'aller sérieusement dans cette voie. Il est vrai qu’elle était
techniquement difficile, dangereuse du fait de la rapidité de l'évolution des
techniques et de la demande, et
commercialement
fâcheuse car la concurrence sur des produits normalisés n'est pas bonne pour les
prix...
10 novembre 2005 : Très
savoureux, l'article sur les DSI ! Ça fait
"vécu"...
9 novembre 2005 : Dans « Qu'est-ce
qu'un 'jeune' ? » je retrouve bien la sensibilité de notre génération (je
suis un X de la promotion 56). Depuis des années je fréquente ton site avec
délices. La rubrique « lectures » m'a
permis de faire des découvertes (en particulier celle de
François Jullien) et je trouve
éclairantes tes pages sur l'économie.
18 octobre 2005 :
Votre site est
redoutable : on pourrait y passer ses nuits, tellement il est difficile de s'en
arracher...:-))
13 octobre 2005 :
Votre
« cours » de dactylographie m'a été
très utile.
6 octobre 2005 :
J’ai trouvé votre article sur le
service public intéressant et honnête. Je suis pour un service public
« fort », conscient de ses différences avec la logique purement économique ;
dans le cas d’espèce, je suis contre la privatisation de la SNCM. Mais comme
j'habite Ajaccio je sais aussi que cette compagnie est souvent en grève, qu'elle
rend imparfaitement son service et qu'elle est probablement mal gérée. Elle est
plus chère que sa rivale italienne (non subventionnée) Corsica Ferries. Me
voilà donc dans cette affaire empêtré dans des contradictions. Est-ce trop que
demander qu'une entreprise publique soit bien gérée ?
En ce qui concerne l'exercice du droit de grève, par contre, je suis prêt à
supporter avec sympathie les grèves et leurs inconvénients pour ma vie
quotidienne, même si par manque de temps je ne peux connaître ni les motivations
ni les enjeux du conflit. Je préfère penser que si il y a une mobilisation
sociale, c'est qu’une raison vécue la porte. Je ne me sens pour autant ni lâche,
ni victime du syndrome de Stockholm. Quant à être « heureux du mauvais exemple
qui pourra servir de précédent lorsqu'on voudra défendre sa propre
corporation », il y a du vrai là-dedans...
Je me range à votre conclusion : « Partir de la finalité de l’entreprise, ce
serait la meilleure façon de tirer au clair des questions économiques auxquelles
ni la doctrine de la concurrence et de la privatisation, ni celle de la
préservation des acquis ne répondent ». Cependant cela exige lucidité, force
et honnêteté, et je ne suis pas sûr de les trouver chez les hauts
fonctionnaires, dans la classe politique ni dans les dirigeants d’entreprise. Il
me semble que l'ambition, l'arrogance et le clinquant sont des vertus mieux
partagées et surtout recommandées pour nos élites.
Un dernier commentaire : j'aimerais entendre plus souvent la remarque que
vous faites dans votre note de bas de page !
4
octobre 2005 : Ce qui est
insupportable avec Michel Volle, c'est que son
site est excellent. Il y a trop de textes, trop de cours, trop de résumés de
bouquins. C’est angoissant pour les maniaques de l'exhaustivité dans mon genre :
il faudrait bloquer trois mois et trouver 700 € pour acheter les ouvrages cités.
En plus il y a un fil RSS : quel sadisme ! J'en viens presque à préférer les
sites de chercheurs américains : une page, un CV, une liste de publications et
trois polycopiés, visite complète en 5 minutes et un polycopié téléchargé. Volle
est insupportablement intéressant. Tenez-vous à distance de son site s'il est
tard et que vous avez cours demain matin.
4 octobre 2005 :
Dans ton article sur le Service public, tu n'envisages
que deux cas : être au service du public ou être au service d'une corporation.
Il en existe un troisième : être au service du « souverain » (c’est-à-dire du
régime, de l’État, qui incarne la légitimité suprême). La fierté de certains
fonctionnaires réside non dans leur appartenance à tel corps ou corporation,
mais dans leur appartenance à l’appareil d’État. Et le simple citoyen ne pèsera
pas lourd face à l’armée ou à la justice…
3 octobre 2005 : Je viens de lire
votre article sur Latex. Ce n'est pas un
traitement de texte mais un formateur de texte : non pas du WYSIWYG, mais du
WYSIWYM («what you see is what you mean »). Ce logiciel fait ce qu'on lui
demande et il est de haute qualité : combien de bugs de Latex a-t-on répertoriés
jusqu'à présent ?
Trois mois d’apprentissage correspondent à l'acquisition du niveau « gourou ».
Lorsque j'étais à l'ENSTA, voici 7 ans, chaque élève apprenait en une après-midi
à se servir de Latex (avec moult formules mathématiques, école d'ingénieur
oblige).
Babafou est un authentique
informaticien. Il a pris ce pseudonyme sous lequel il est connu. C'est lui qui,
entre autres, gère le site Internet
http://www.ensta.org.
La « surcouche graphique » Lyx rend l’utilisation de Latex plus « conviviale ».
Elle permet aussi de s'affranchir des éléments les plus ésotériques de Latex,
mais c'est une question de goût.
Enfin, utiliser Latex sous Windows plutôt que sous Linux m’étonne : pourquoi
faire fonctionner un bon logiciel sur un OS de piètre qualité ?
3
octobre 2005 : A propos de votre
expérience avec Latex : longtemps j'ai été
développeur. Je suis maintenant entouré de non-informaticiens et cela m'aide à
avoir un autre regard. A vous lire, je me dis sans connaître Latex que c'est le
type même du logiciel à éviter, fait par des techniciens pour des techniciens.
Je rêve de logiciels dont la complexité interne soit cachée, dont l'interface
utilise des métaphores simples, dont la prise en main puisse être progressive.
La fracture numérique tient aussi à la difficulté des logiciels livrés avec nos
ordinateurs. Mon père, âgé mais curieux de nature, a renoncé à utiliser
l'ordinateur que je lui avais offert à cause de sa complexité. Un collègue a
réalisé pour l'apprentissage en ligne un logiciel dont la simplicité
m'impressionne. Jetez-y un coup d’œil :
http://www.didapages.fr/
3
octobre 2005 : Je suis ravi de
trouver une fois de plus sur votre site un texte plein de bon sens et de
pédagogie comme celui sur votre apprentissage de
LaTeX. Je suis depuis longtemps séduit par ces logiciels élaborés
collectivement, partageables par tous, dont la documentation abonde pour qui
sait se servir de Google, mais dont l'interface d'utilisation peut parfois être
repoussante pour qui n'a pas la curiosité, l’humilité et la motivation
suffisantes.
L'autonomie envers des éditeurs peu scrupuleux que je ne nommerai pas passe par
l'utilisation des logiciels libres et de Linux. Peut-être un jour aurai-je le
plaisir de lire une chronique sur votre première semaine sans Windows ? Je vous
recommande la distribution Ubuntu (www.ubuntulinux.com
et
www.ubuntu-fr.org). Bien adaptée aux utilisateurs novices, elle permet
d'accéder à des milliers de logiciels (dont la multitude d'outils relatifs à
LaTeX) et présente l'avantage d'être bâtie sur Debian, distribution de référence
des utilisateurs « experts » (donc la mieux documentée).
30 septembre 2005 : Je lis tes réflexions
sur ton site avec intérêt.
Je les imprime pour les lire,
mais le stock augmente je n’arrive pas à tout lire. C’est un sujet de
réflexion : trop d’info tue l’info, les RSS et les blogs n’arrangent pas les
choses. Nous allons vers une société étrange, hypercommunicante mais où la
compréhension de ce qui est communiqué est en chute libre… Ce déséquilibre va
créer des difficultés imprévues ; j’attends le philosophe qui théorisera ça.
28
septembre 2005 : Le récit de tes aventures
avec LaTeX m'a bien fait rire, même s'il est au fond très sérieux.
7 septembre 2005
: Je réagis à l’article "Il faut quitter Hotmail au plus
vite !" Certes Hotmail détruit les mails et il est spammé à mort, mais il
est gratuit. Si quelque chose de gratuit ne convient pas, on n’a qu’à
partir ! C'est le problème avec l'ex nouvelle économie : des gens qui ont tout
eu gratuit croient que ça peut le rester indéfiniment en restant au même niveau
de service ! La qualité a une valeur et cela se paye.
16 août 2005 : A
propos de votre article sur les obstacles au
développement de la qualité et des services : les
obstacles que vous évoquez ne me semblent pas être pas au coeur de la stagnation
et du pessimisme actuels en France, qui sont d'abord liés
à une crise des institutions publiques nationales,
européennes et internationales inadaptées aux transformations de leur
environnement (mondialisation, Europe, décentralisation...)
comme aux aspirations des citoyens - alors que les
entreprises et la société civile se sont plutôt mieux
adaptées.
Les entreprises n’ignorent pas la recherche de la qualité, mais
peut-être pas toujours sous des formes que nous souhaiterions : en matière
agro-alimentaire, si certaines d'entre elles développent des
alicaments qui associent les rôles alimentaire et médical, la
plupart des stratégies visent une simple diversification
du packaging pour l'adapter aux divers profils de
consommateur et encourager le grignotage. L’obstacle au poulet
fermier se trouve moins du côté de la production que du côté
des jeunes consommateurs qui, habitués aux beignets de
poulet de batterie, apprécient peu la fermeté des poulets
fermiers.
L'absence de valorisation des services est réelle et liée à
plusieurs facteurs :
- prédominance d'une culture d'ingénieur ;
- services publics fournis à des prix inférieurs à leur
coût de production ;
- manque de structuration du secteur de services, constitué de PME sauf dans le domaine de la banque-assurance (cela change avec la
constitution de groupes dans les services aux
entreprises, l'hôtellerie et la restauration : la
nomination de Laurence Parisot au Medef en est
l'illustration) ;
- manque d’une capacité d'expression publique et de lobbying
(pas de ministère des services) ;
- méconnaissance du potentiel et des conditions de
développement des services, de leur organisation du travail,
des compétences requises (seule la compétence relationnelle,
souvent limitée au sourire d'accueil, est reconnue) ;
- féminisation des personnels et donc dévalorisation, associée à
la mise sur le marché d'activités assurées naguère de façon bénévole par les
femmes au foyer (garde d'enfants, aide aux personnes
âgées etc.)
8 juillet 2005 : Merci
pour la plaquette sur la formation
professionnelle de la Maîtrise d'Ouvrage. Elle répond à un vrai besoin, le
programme est pertinent et équilibré, le prix étonnamment bas. Cependant mes
dirigeants disent « c'est peut-être bien mais beaucoup trop long ». Ils pensent
que nos cadres sont formés et compétents dans leur métier technique. Or ils
exploitent des systèmes jugés plus complexes que le SI. Donc « ils savent
naturellement » et n'ont besoin au pire que de formations légères (et
techniques !). Si quelqu’un qui doit exercer la fonction de MOA du SI s'avisait
de demander une formation, il serait mis au banc : chez nous, on ne garde
qu'une « élite » qui ne sait même plus qu'elle ne sait pas et se représente le
SI comme une machine à vapeur.
8 juillet 2005 : Ton
article sur l'élitisme m'a navré parce que je vois
trop de gens en souffrir. Si l'élitisme était la négation de l'égalitarisme
absolu, peut-être accepterais-je de te suivre. Mais il s'agit de bien autre
chose. C'est par exemple l'état d'esprit qui croit nécessairement meilleur le
point de vue de celui qui a appris dans les livres sur celui qui a appris sur le
terrain – alors que ce qui est « supérieur », c'est la synergie que l'on peut
construire avec l'ensemble de ces savoirs.
Tu conviendras avec moi que d'autres formes
d'élitisme sont détestables : celles qui affirment la supériorité par la
richesse, la naissance ou la race, ainsi que celle qui proclame la supériorité
de la conquête des marchés sur la « simple » humanité.
8 juillet 2005 : Je déguste tes
nouvelles avec délectation en raison de
leur originalité et, parfois, de leur imprudence. Ainsi sur les
élites : nous sommes tous des êtres humains mais les
uns brillent plus que les autres. La question serait de faire briller le plus de
monde possible ! Les esprits brillants forment-ils l'élite ? Bush et Kerry
font-ils partie de l'élite ? Einstein appartenait à l'élite mais, selon
Françoise Balibar, aucun physicien d’aujourd'hui ne pourrait faire comme lui :
ils travaillent en groupe, par centaines. Pourtant ils forment je crois, une
élite !
7 juillet 2005 : Dans
votre commentaire du livre de Dostaler
sur Keynes, vous rappelez que pour Adam Smith comme pour Keynes l'économie est
nécessaire mais secondaire. Il faudrait l'écrire à l'entrée des facultés
d'économie : le but de la science économique est d'améliorer le bien-être
matériel des individus, de les libérer des soucis matériels quotidiens de sorte
qu'ils puissent se consacrer aux choses importantes que sont les relations
humaines (amour, amitié), les arts, la politique etc. C'est ce que pensaient
Smith et Keynes, ce n'est pas ce que pense la plupart de nos concitoyens.
3 juillet 2005 : A propos des
brevets logiciels : il est évident qu'il faut protéger
les oeuvres de l'esprit, et pas le seul logiciel. Le copyright (droit d'auteur
en Français) est un système excellent, et il inclut le logiciel depuis la loi du
3 juillet 1985. Microsoft et les autres ont fait leur fortune sur le copyright
et non sur les brevets qui ne sont apparus qu'en 1995 aux Etats-Unis. Le débat
n'est pas entre « pas de protection » ou « protection » : dans tous les cas il y
a protection, cf.
l'exemple du logiciel libre. J'espère que les députés européens nous
épargneront la stupidité des brevets logiciels en Europe au moment où les
Américains se préparent à faire machine arrière dans ce domaine. Le système des
brevets me semble d’ailleurs anti-économique (cf. ce qui se passe pour les
médicaments) mais c'est un autre sujet.
11 avril 2005 :
Journaliste et amateur de promenades sur
l'Internet, je suis émerveillé par la clarté de votre propos (j'aimerais être
aussi persuasif) et fasciné de retrouver mes sentiments envers la politique. Un
même environnement (famille catholique, passion de la découverte scientifique)
mène peut-être aux mêmes points de vue. Merci de nous offrir un peu de recul.
7 avril 2005 : Je viens de
relire « Évaluer l'action publique en privilégiant le
terrain », « Crise de système » et « 600
m2 ». Faisant partie, en tant qu’économiste, d'un « groupe de
projet » auprès d’un certain commissariat, je constate combien votre point de
vue est pertinent : lorsque je propose une étude de faisabilité et d'impact sur
une proposition du groupe de projet, on me dit que ce travail sera fait après
la publication de la proposition. Mais une fois publiée celle-ci sera peut-être
mise en oeuvre par un décideur public. Il croira qu’elle a été sérieusement
étudiée et ne se souciera pas d'anticiper ses effets.
6 avril 2005 :
Merci
pour ton papier sur le "oui" où j'ai trouvé une
parfaite explicitation de ma pensée brouillonne.
4 avril 2005
: Quelques remarques sur le
vote au référendum. J'aurais mille raisons de voter NON. En matière
économique, je déplore l'incapacité de l'Europe à se doter d'institutions
efficaces, à définir une politique commune orientée vers la croissance et la
lutte contre le chômage. Au delà des critiques que je peux faire à la politique
économique américaine, je reconnais que l'administration Bush a dépoussiéré
l'interventionnisme économique. Sa politique de stimulation monétaire et
budgétaire a permis un cycle de croissance. Bien sûr, Paul Krugman dira que les
déficits se paieront plus tard... Mais quel est le prix en Europe - et en France
– de la sous-activité des jeunes et des plus de 50 ans ? Le projet européen est
aujourd'hui sans perspective. Certes, le NON est une coalition hétéroclite
d'archaïsmes, d'aigris et de mécontents sans projet. Il n'est guère tentant d'y
mêler sa voix. Mais quel est le leader qui nous appelle à voter OUI sur une
grande ambition crédible ? Finalement, la seule raison pour voter OUI me semble
être la résignation à ne pas voter NON !
4 avril 2005 : Pourquoi
écris-tu que si nous votons NON "on dira, et on aura raison,
que les Français tournent le dos à l'Europe" ? Lorsqu'une constitution est
mauvaise, on en discute et on vote pour ou contre. L'histoire est faite de
projets inaboutis. Rien n'empêche qu'il en sorte après un temps une constitution
meilleure. La constitution de la Ve république ne me convient pas,
mais je ne suis pas moins français pour autant.
31 mars 2005 : DSI d'un
grand groupe industriel nouvellement à la retraite, je souhaite recevoir votre
lettre car je trouve sur votre site des
préoccupations que j'avais lorsque j'étais en activité, et que je désire
entretenir.
30
mars 2005 : Saviez-vous que les ressortissants européens n'ont pas le droit
de voter sur la constitution européenne ? Ne trouvez-vous
pas que c’est le comble de tout ? Vous demandez aux seuls "Français" de voter …
et moi, en France depuis 13 ans, mariée à un Français et payant des impôts à
tous les niveaux... Apparemment il y a en France des citoyens de 2ème classe !< |