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Commentaires des lecteurs

Je reçois de temps en temps des messages de personnes qui donnent leur avis sur le site. Ils sont généralement positifs (mais pas toujours !). Je trouve aussi des commentaires sur le Web. Cela montre que quand on s'applique à mettre du contenu sur un site, on répond à un besoin. C'est encourageant.

Je ne cite pas les noms des auteurs, supprime les formules de politesse et condense parfois les textes dont je rectifie l'orthographe ; je ne cite pas non plus les demandes d'information auxquelles je réponds de mon mieux. J'ai introduit des liens vers les documents mentionnés pour que l'on puisse voir de quoi parlent mes interlocuteurs.

*  *

29 avril 2008 : Merci pour ton article Pourquoi tant de Tibet ?
Je ressens ce malaise que tu exprimes avec tant de justesse.

27 avril 2008 : J'adhère à votre analyse sur le sort réservé à F. Bayrou par la classe politique et par les médias : cet homme courageux veut sortir le pays de l'alternance droite/gauche.

3 avril 2008 : Le feuilleton dont vous avez entamé la publication pourrait s'appeler Le Parador parce que...
- hypothèse plausible : le consultant va être embauché de façon définitive au terme de sa mission mais n'acceptera de signer en tant que nouveau DSI qu'avec PARAchute DORé
- hypothèse latine : afin d'expérimenter la refonte des systèmes d'info de la multinationale, seules deux filiales peu exposées bénéficieront de la méthode choc de Monsieur Dutertre : celles du PARAguay et du SalvaDOR
- hypothèse acronymique : le Parador n'est autre que le "Plan Auto Régulateur d'Accomplissement Durable de l'Organisation du Reengineering"
- hypothèse cornélienne: le Parador est un mot-valise inspiré du "va, je ne te hais point" du Cid : après le succès de sa mission notre consultant est remercié (d'un ton Bonhomme): "Partez, je vous adore!"

2 avril 2008 : J'ai lu plusieurs fois L'esprit de la recherche et à chaque fois j'ai éprouvé le même plaisir. Vous évoquez la méthode, les outils et la démarche à suivre. J'ai cherché un livre sur ce sujet mais je n'ai trouvé que Passion chercheur de Jacques Duran : ce sont des entretiens avec des chercheurs qui racontent leur parcours académique sans dégager de véritable passion.

29 mars 2008 : À propos de l'entreprise suicidaire : je constate sur le terrain la justesse de la phrase « chacun se comporte en fonction des critères selon lesquels il se sent jugé » (y compris  moi-même). Il en résulte que certaines actions ne seront jamais menées. D'où les limites de « la culture du résultat » et des indicateurs qui en sont la base. Cela s'applique aussi au gouvernement.

28 mars 2008 : Le Parador m'a accroché. Aucun doute : le consultant va faire quelques propositions iconoclastes, et il devra faire face à des tentatives de manipulation de la direction, des chefs de départements, des responsables d'affaires, le tout sur fond de compétition entre  cadres ambitieux. Le déroulement d'un projet occasionne jeux d'alliances et trahisons, il comporte impasses et rebondissements. Bref : de quoi faire un feuilleton...

17 mars 2008 : Je commence Le Parador… merveilleux complément à e-conomie et autres Prédation. Bravo !

17 mars 2008 :  Ex ingénieur chez Thalès en retraite depuis peu, je découvre votre site et le premier chapitre du Parador. J'attends la suite avec impatience. Nul doute que le consultant va faire des propositions iconoclastes. Un consultant doit faire face aux tentatives de manipulations de la direction, des chefs de départements, des responsables d'affaires, sur fond de compétition entre cadres ambitieux. Le déroulement d'un projet donne lieu à des jeux d'alliances, à des trahisons, connaît impasses et rebondissements. Bref, de quoi faire un bon feuilleton...

8 mars 2008 : Je trouve excellente l'idée du feuilleton. Bravo pour cette idée originale. Les films et les livres ne montrent pas la  réalité quotidienne de l’entreprise, alors qu’elle occupe un tiers de notre temps de vie. Ici, un ancien de l'inspection des finances a fait couler une boîte centenaire dont la prospérité s’était bâtie avec des méthodes obscures. Le nouveau patron, choisi par l'élite et les banquiers, n'a pas d'ordinateur dans son bureau : il ignore sans doute ce qu’est un système d’information. La description du siège de l'entreprise est réaliste. L'ingénieur se fait blackbouler par un financier : sa lassitude à la cantine, où ses collègues le coulent encore plus. Que du bon, que de la vraie vie ! Je me régale d'avance à lire les prochains épisodes. J'espère que tu vas bien t'amuser : en tout cas ça m’a bien fait rire.

3 mars 2008 : Je viens de lire votre article sur l'émergence des langages de programmation et pour l'informaticien que je suis c'est une délectation. Il est dommage que l'histoire de l'informatique ne soit pas contée comme vous le faites : on se contente trop souvent d'apprendre un langage sans connaître son histoire. Un peu d'épistémologie permettrait une meilleure compréhension et la diffusion d'idées qui paraissent pourtant difficiles.

22 février 2008 : Une opinion de votre part sur "bling-bling" ne pouvait qu'être sarcastique. Mais opposer les bling-bling aux personnes consciencieuses et travailleuses aux vies vaguement ennuyeuses est un peu court. Beaucoup de personnes se passionnent pour leur domaine de recherche, réfléchissent et émettent des idées, des concepts originaux pleins de promesses. Elles inventent le XXIe siècle pour des salaires de misère, et les grands médias les traitent mal. On n'écoute que ceux qui ont beaucoup d'argent et qui finissent par dire n'importe quoi.

20 février 2008 : Permettez-moi de nuancer votre analyse du "bling-bling". Certes, le ridicule colle au comportement des stars. Mais ne s'agit-il pas d’une réaction de défense de la part de leurs admirateurs, frustrés de ne jamais gravir le piédestal ? N’est-on pas en train de vilipender un idéal que beaucoup savent ne jamais pouvoir atteindre ? Les valeurs essentielles, celles que je qualifie de vraies – le travail consciencieux et discret, la vie de famille équilibrée – sont rarement respectées. Heureusement, il y a des exceptions !

3 février 2008 : À propos de Deleuze : je suis d'accord avec ton article sauf quand tu écris « en littérature, en musique, en peinture, en connaissance et expérience de la vie (plus précisément en connaissance et expérience du mal) ces penseurs sont des enfants. » Certes, mais chacun est naïf à certains moments, sur certains sujets, et non d'autres.

Ma vie a été bouleversée par l'« Anti-Œdipe », et si après 36 années je fais le bilan de ce que m'a apporté Deleuze, ce sont de nouvelles lectures (Malcolm Lowry, Nietzsche), des lectures renouvelées (Proust, Beckett), de nouvelles façon de voir le cinéma (Ozu, Antonioni, Murnau). Alors, pas si enfantin que ça, le cher Gilles.

2 février 2008 :  J'ai été sensible à ta "vision" de l'Abécédaire de Deleuze. J'ai été son élève à Vincennes au début des années 70. Il avait "l'emportement" de la jeunesse pour des expériences, des idées, des oeuvres, des individus. Affecté par l'événement, traversé par l'idée, l'individu ou l'expérience, il "vibrait". Il m'a appris à penser, à allier le sentiment et la pensée, à abandonner la triste critique pour proposer des concepts et reconstituer des agencements.

À partir de Deleuze s'est ouvert un champ prodigieux dans les sciences sociales, avec des concepts qui transcendent les partitions disciplinaires. Peut-être, un jour, parlera-t-on d'une approche deleuzienne de l'économie ou plutôt de la société de l'économie.

11 novembre 2007 : Une personne de mon bureau a trouvé sur ton site comment apprendre la dactylographie. Depuis, dans le bureau (30 personnes), tout le monde a colorié son clavier... Une course de vitesse a été lancée pour faire des émules. J'ai dit que je te connaissais et qu'il fallait lire tes textes... les gens m'ont répondu : "tu peux dire merci à ton copain".

4 septembre 2007 : Je consultais un de mes sites de référence sur le management quand je suis tombé sur "Aspects intellectuels de la maîtrise d'ouvrage", que j’ai dévoré. Puis j’ai trouvé sur votre site de nombreuses autres publications, billets d'humeur etc. Votre usage de la langue française est un ravissement.

Je reconnais en vous lisant ce que j'ai vu dans nombre d'entreprises françaises pour lesquelles j'ai travaillé. Mes conclusions sur l'organisation du monde du travail, le respect des travailleurs et le diktat de certaines personnes "haut placées" sont semblables aux vôtres.

Pourtant je suis encore jeune et ne sors pas d’une grande école : je suis informaticien et j’ai trente-sept ans. Je sors d'une faculté de pharmacie et n'ai pas acquis autant d'expérience que vous. Mais j'ai grandi en Allemagne et en Afrique, j'ai créé des entreprises dans le monde anglo-saxon et je parle plusieurs langues, dont le russe. Mes expériences en Europe centrale, dans les pays de l'Est et dans le monde anglo-saxon m’ont procuré une vision plus réaliste et objective que la plupart des Français, et je vous rejoins sur nombre de sujets.

9 août 2007 : Le livre de Schiffrin illustre à sa manière le médiatisme d’Allègre. Nous vivons dans la médiocrité du « prêt à penser ». Les problèmes que pose le climat ne sont pas simples, cependant Allègre efface d'un revers de main le travail des scientifiques pour en donner une vue simpliste, primaire, que des lecteurs non avertis risquent de  prendre au sérieux.
Je partage ce que tu dis sur la « décroissance ». Nous avons besoin d'une autre croissance: il suffit de voir les milliards d'êtres humains qui vivent dans le besoin. De quel droit leur interdire une vie meilleure?

8 août 2007 : Ton papier sur la féodalité m'a bien plu et beaucoup appris. J'attends la suite, où tu expliqueras en quoi elle "revient en force dans la modernité". Il est vrai qu'en lisant ton texte, on ne cesse de voir apparaître des situations, comportements, règles qui ont des équivalents dans nos sociétés actuelles.

30 juillet 2007 : J'ai été un lecteur plus persévérant que toi : je suis allé plus loin que la page 120 du livre d’Allègre, mais je me suis fait exactement les mêmes réflexions. Quel ego et quelle aptitude à raconter des âneries ! Je n'en ai jamais vu une telle densité au cm2 de papier imprimé. Par delà son côté risible ce livre est une énigme. Je me demande si Allègre a écrit ce navet ou si il l'a fait écrire par un autre qu'il n'a pas relu, si c'est un canular ou si Allègre ne serait pas depuis le début de sa carrière scientifique un usurpateur qui a juste des idées, mais qui est incapable de faire trois additions pour vérifier s'il a raison (ou tort). Merci d'avoir ainsi contribué à la saine critique de ce que j'ose à peine appeler un livre, tant on a l'impression que cela a été écrit le temps d'un voyage en train.

9 juillet 2007 : Cela me fait plaisir que tu puisses relier la vie en hameau à la disponibilité de l'ADSL. Il y avait de cela dans l'action de Champsaur auprès de l'agence de régulation des télécoms, avec l'idée de faire équiper la totalité du territoire français avec l'ADSL. L'Internet arrive un peu tard pour lutter contre l'urbanisation, mais peut-être à temps pour que de jeunes médecins acceptent d'habiter à la campagne. Il y a 3 ans à un meeting sur la démographie médicale à la Cité universitaire, c'était le principal argument de jeunes étudiantes en médecine : donnez-nous accès à l'Internet et on ira à la campagne !

En Thaïlande en 1998 j'ai été frappé par des caractéristiques démographiques assez similaires celles de la France (population totale, fécondité); mais plus de la moitié de la population est encore rurale et il est encore possible de se déplacer en vélo d'un village à un autre, avec des vrais villages très animées même si, en raison de la baisse de la natalité, on déplore dans la fermeture de certaines écoles. Si l'ADSL arrive à temps là-bas et que les services locaux s'y développent, je ne suis pas convaincu que leur avenir soit dans de grandes métropoles comme les nôtres.

8 juillet 2007 : Les vautours, oiseaux magnifiques, ont été réintroduit récemment dans quelques territoires français. Quand ils sont peu nombreux, ils font leur travail de nettoyage. S'ils deviennent plus (trop?) nombreux, ils volent ensemble au dessus de troupeaux - chevaux, vaches etc. - pour effrayer les animaux qui se précipitent dans des fossés ou des précipices, et ensuite ils se nourrissent ! L'émergence (qualitatif) naît du changement quantitatif de l'environnement. Il en est ainsi de la virulence des bactéries. Les vibrios ne deviennent cholériques que quand les conditions environnementales se sont dégradées. Il en sera de même pour la prochain peste aviaire. Jusqu'où irons nous trop loin ?

7 juillet 2007 : Je viens de lire ta correspondance avec le Russe, du plus haut
intérêt. Il semble penser en français, tellement c'est bien dit. Son témoignage vaut plus que tous les articles de gens qui, en somme, ne savent rien, et font des suppositions suivant leurs propres opinions.  

8 juin 2007 : J'ai beaucoup apprécié votre billet sur DHL. Il m'est revenu, en le lisant, votre position sur le référendum européen. Vous disiez qu'il fallait donner plus de pouvoirs à l'Europe faute d'avoir des dirigeants compétents à l'échelon national - ça n'a pas l'air de s'arranger.

Je me permets de faire un lien, direct, entre l'emprise croissante des DHL, la fin des services publics, et la montée en puissance de l'institution technocratique qu'est l'Union Européenne. Je rédige quelques articles sur le sujet dans la rubrique Europe-Stop sur www.lalettrevolee.net.

29 mai 2007 : Je me reconnais dans Pour une écologie de l'esprit. La plupart des téléspectateurs considèrent la publicité comme un mal nécessaire, périphérique aux programmes qu’ils ont choisi de regarder (pour ceux qui choisissent !). Il y a longtemps que je ne vois plus dans la télévision qu'un vulgaire panneau d’affichage enrobé de programmes plus ou moins sérieux afin de ratisser large - et j'ai décidé de ne plus la regarder.

26 mars 2007 : Votre point de vue sur Besson est très intéressant, mais voici un parallèle qui me semble lui aussi intéressant : Alaistair Campbell, ancien porte-parole de Tony Blair, s'apprête lui aussi à publier un bouquin ravageur pour son parti. Cependant Campbell a sacrifié plusieurs dizaines de milliers de ventes en choisissant d'attendre la période post-électorale pour publier en librairie (source : Private Eye de cette semaine).

11 mars 2007 : Votre article sur M. Barre m'a réjoui. Lorsqu'il était au pouvoir ses annonces à la télévision étaient des modèles de grotesque pompeux : "pour lutter contre l'inflation, je bloque les prix...". On ne parle plus de son ubuesque blocage du prix des petits croissants et des pommes de terre.

Le barrique reste un cru recherché. Un député, président de la commission parlementaire des finances, a proposé pour redresser les déficits nationaux des mesures toutes extraites du précieux tonneau barrique. L'une d'entre elles consistait à augmenter la part du financement personnel des prestations d'assurance maladie pour les ménages les plus aisés : pour amplifier la fracture sociale et détruire notre système solidaire on peut difficilement imaginer mieux.

Si je ne suis donc un admirateur de M. Barre, je trouve votre critique excessive. Il ne fait pas spécialement honte à la France, ou alors nous devons crouler sous la honte car de nombreuses personnalités françaises perpétuent la pensée barrique. Certains étrangers font aussi d'affligeantes proclamations hyperbarriques !

Il faut encourager le barrique à s'exprimer librement, afin qu'il soit démonté lors d'exercices collectifs de salubrité mentale et de détection du grotesque. En France, nous avons le Canard et les Guignols de l'info (quel pays peut en dire autant ?) : c'est distrayant, stimulant, mais pas suffisant.

Nous oublions trop facilement le danger de la monstruosité de la pensée par absence de logique, ignorance du doute scientifique, mépris de l'humain, machiavélisme appliqué stupidement à la lettre et généralisation abusive. L'histoire enseigne que ce sont les plus malins politiques, les plus grands humanistes, les parangons de la réussite sociale qui ont préparé et voulu les plus grandes abominations (par exemple la guerre de 14-18) à force de progrès, d'intelligence et de Real Politik.

Je ne souhaite donc pas que M. Barre soit condamné si facilement. Il ne faut pas oublier que sa pensée nullissime, son action désastreuse s'incarnent dans beaucoup d'autres personnes. Je considère sa récente gaffe monumentale comme un acte réfléchi de diversion pour préserver le développement de cette pensée et de cette action.

7 mars 2007 : J'ai découvert votre site il y a deux semaines. J'ai particulièrement apprécié "aventure mentale".

Je cherchais à comprendre ce que c'est qu'un système d'information pour préparer un entretien d'embauche dans un cabinet de conseil en SI. J'y ai trouvé beaucoup plus qu'une réponse académique à mes interrogations : une vision intelligente de l'entreprise, qui a réveillé en moi pas mal de questions.

25 février 2007 : Je partage votre admiration pour le « modèle à couches », qui permet de modéliser des phénomènes dont la dynamique articule des matérialités et finalités diverses. A ma connaissance aucun philosophe n’a étudié ce modèle avant que les informaticiens ne le décrivent. Mikhaïl Bakhtine, linguiste, l’utilise pour rendre compte de l’écriture polyphonique de Dostoïevski. Le modèle linguistique de H.-G. Haudricourt, anthropologue, sépare l’articulation sonore d’un mot du mot lui-même et permet d’expliquer la signification de l’accent, la substitution d’un vocabulaire par un autre etc. En physiologie expérimentale, Chauvet utilise un modèle à couches qui permet de substituer une représentation du vivant à celle qui sépare les organes, et de calculer les échanges d’information entre organes. François Dagognet présente dans Philosophie de l’image le modèle à couches qui permet à certaines cultures humaines d’inférer, à partir de l’affleurement et de sa dynamique, l’existence de couches invisibles mais matériellement et dynamiquement autres (repérage des minéraux). La phénoménologie, enfin, est peut-être une philosophie fondée sur l’utilisation empirique d’un modèle à couches. Mais les philosophes qui décrivent des événements selon un modèle à couches ne sont pas pour autant familiers de ce modèle. Peu de personnes le conçoivent en effet dans sa généralité : la plupart des auteurs qui ont tourné autour de lui ne voient pas qu’une interface est un objet autonome dont la matérialité n’est que ce qui est utile pour sa fonction. Fait peut-être exception J.A. Scott Kelso qui, dans Dynamic patterns, renvoie à Sherrington et à la notion de paysage épigénétique : mais il n’est pas reconnu comme philosophe.

Gérard Beuchot, spécialiste des réseaux,  dit qu’il faut faire du traitement parallèle dans sa tête pour penser ce genre de truc et que l’Université n’aime pas ça.

19 février 2007 : Vous avez commenté Des sujets interdits de Dominique Lorentz. Pourquoi y croyez-vous ? Qui vous dit que ce n'est pas qu'un tissu cohérent d'erreurs ? Devant ce type de livre, je me pose toujours la même question : est-ce la vérité ou un amas de mensonges paranoïdes ? J'ai l'impression de jouer mon opinion à pile ou face ! Comment vous-y retrouvez-vous ? Impression personnelle, expérience, recoupement avec d'autres lectures, connaissances "introduites" auprès de milieux "autorisés" ? (NB de MV : voir ma réponse dans "Comment savoir si ce qu'on lit est vrai ?").

24 janvier 2007 : L’apparition d’un alliage pose une question centrale : peut-on anticiper les conséquences de l'alliage homme-automate ou EHO-APU ? Nous vivons une période de rupture majeure. La qualifier de post-industrialiste serait insuffisant. La science-fiction, l'art, le cinéma l’explorent mieux que ne le font certains discours « savants ». La production intellectuelle est devenue une nouvelle matière première : le cerveau travaille sur ses propres productions. C’est la réflexion, au sens premier. Il en résulte une croissance exponentielle de nos facultés de connaissance, de création, un travail qualitatif et non plus seulement quantitatif comme celui qu'avait permis l'industrialisme. La qualité, enfin la qualité ! C’est ce qu'entrevoyait Yves Klein, le plus grand plasticien du XXe siècle, qui a introduit « l'immatériel » en art (si tu passes à Paris, va à Beaubourg voir l'exposition sur Yves Klein).

24 janvier 2007 : Je vous écris du Québec où De l'informatique est difficile à trouver en librairie. J'ai heureusement pu en lire des extraits sur votre site web.

Plus j'en lis, plus cela ressemble au genre d'ouvrage que je cherchais depuis longtemps : il parle de l'informatique en l'embrassant le plus largement possible, en la considérant sous une multitude de facettes plutôt qu'avec la sempiternelle lorgnette du spécialiste.

Depuis 2002 j'ai quitté le monde des idées pour devenir webmestre, et je me suis de plus en plus confiné dans un univers technicien compartimenté, à pensée étroite, qui a grand besoin d'un nouveau souffle intellectuel. Ce que j'ai lu de vous apporte un peu d'oxygène.

8 janvier 2007 : J’ai aimé ton petit pamphlet sur la qualité de service et la boucle locale. Tu aurais pu parler aussi du mépris dans lequel les « fournisseurs d'accès Internet » tiennent leurs clients du jour où leur accès ne fonctionne plus et même avant. « C'est la faute de votre PC si ça ne marche pas ! » Pas de chance, j'ai un Mac... Voici trois expériences intéressantes :

Free Telecom : deux mois d'interruption de fourniture de l'ADSL à partir du jour du dégroupage (merci l'ARCEP). Facturés cependant 30 € par mois, plus 100 à 120 € d'appels sans résultat à la « hot line ». Fax de mise en demeure -> remise en état de la ligne le lendemain. Un mois plus tard, on remet ça. Nouveau fax, et résiliation deux jours après avec opposition au prélèvement automatique. En retour, une dizaine de lettres de mise en demeure dont des lettres d'huissiers me menaçant de saisie de mon véhicule et de retrait sur salaire pour 34 € de prétendue dette.

Transmission du dossier à l'ARCEP. Elle répond que ce n'est pas de son ressort et que je n'ai qu'à porter plainte devant les tribunaux. Ils sont gonflés, à l'ARCEP : c'est quand même eux qui nous ont mis dans la m...e, non ? Après quelques lettres d'huissiers de plus, je reçois une lettre d'excuses de Free : « votre dossier nous a été transmis par l'ARCEP, le défaut technique est de notre responsabilité, nous avons donc l'obligeance d'accepter d'effacer votre dette » (sic).

Cegetel : mise d'office en présélection d'appels téléphoniques en dépit de mon refus explicite de ce « service » lors de la souscription à l'ADSL. « Mais Monsieur, vous avez signé ! » Comment aurais-je pu signer une souscription par téléphone ? Je réponds « Envoyez moi mon contrat signé ; en attendant, je refuse de payer la facture téléphonique. Pour l'ADSL, envoyez les factures mensuelles, je réglerai par chèque ». J'attends toujours. Suite à des mises en demeure d'huissiers, j'ai résilié, informé l'ARCEP et un de nos camarades haut placé chez Cegetel. Lettre d'excuses de nouveau. « Vous ne nous devez rien ! ». Ah bon...

France Télécom : souscription à l'ADSL à Lannion. Résultat : pas d'ADSL, mais plus de téléphone ! Pour le coup, ça n'a pas duré plus de trois jours. Ramdam à l'agence commerciale du centre ville. Ils se souviennent peut-être de moi… J’ai vu QUELQU'UN intervenir ! Comme c'est bon d'avoir quelqu'un en face de soi.

Je souscris à tes critiques et à tes conclusions. Je n'ai pas de photo du câblage de mon DSLAM à te proposer, mais j'aimerais pouvoir te faire parvenir une photo d'un câble optique de 700 fibres mis à mal par je ne sais qui je ne sais où dans les égouts parisiens. Juste pour rire et pour apprendre à Free ce que c'est qu'un réseau local.

5 janvier 2007 : Dans De l’Informatique, tu traites beaucoup de sujets et nous laisses parfois loin derrière : ton propos sur la philosophie, par exemple, aiguise ma curiosité mais je suis incompétent. Les parties historiques sont passionnantes et on y apprend beaucoup, d’autant que tu as la vision du moraliste. Dans d’autres passages, connaissant ce que tu relates, je lis entre les lignes. « Mais que dit donc Michel Volle sur le sujet ? » : voilà le réflexe que doit avoir à présent l’honnête homme !

3 janvier 2007 : A propos de l'indice des prix : quid des effets qualité ? de l'impact des fréquences d'achat sur la perception des prix ? de la volatilité des changements de prix ? des modifications accélérées de la liste des produits disponibles (qu'elles permettent ou non l’extension des choix possibles? de la transformation de « biens gratuits » en « biens économiques » (l'air, l'eau, le silence, ...) etc.

Sur ces thèmes, je continue à trouver que l'INSEE (et aussi les universitaires dont la vocation est d'éclairer les problèmes en gestation) est insuffisant depuis pas mal de temps - alors que dans les années 50 il a entrepris ou favorisé des travaux originaux dont la portée n'est apparue que plus tard.

Les universitaires et statisticiens américains se posent plus de questions que nous. Devant l'accroissement vertigineux du « sur mesure » que permet l’informatisation de la production et que rend inévitable la concurrence effrénée à la base du capitalisme mondialisé, la notion d'indice de prix garde-t-elle un sens ? Effectuant souvent des allers-retours Orange-Paris par le TGV 6098/6099, j'ai renoncé à comprendre les variations du prix du billet, et je me demande comment les statisticiens intègrent aujourd'hui « le » prix du km SNCF dans leurs calculs d'indices.

Je suis d'accord avec ton idée (que j'ai proposée naguère au comité de direction de l'INSEE, ce qui a suscité sur les figures des autres directeurs un sourire de commisération amusée) : l'INSEE devrait continuer à recueillir les données de base sur les prix élémentaires, sans doute en plus grand nombre qu'aujourd'hui (ce que facilite l'informatisation de la chaîne de recueil des ces données) puis commercialiser le contenu, la production et la livraison d'un indice « sur mesure » à partir duquel chacun(e) ou chaque groupe pourrait juger l'évolution de son pouvoir d'achat ou négocier sa prochaine augmentation de salaire.

Mais ceci ne corrigerait pas l'une des insuffisances des théories économiques actuelles qui toutes supposent possible, au moins conceptuellement, de dénombrer les biens alors qu'on va vers un continuum qui exige un nouvel appareil conceptuel, sinon mathématique. On approche cette difficulté quand on essaie de réfléchir à la façon de formaliser a priori et en termes économiques la « production » d'un artiste...

3 janvier 2007 : D'accord avec Le ridicule des traîtres ! La plupart des baragouineurs d'anglais sont loin d'en maîtriser les nuances indispensables pour analyser et discuter finement tout problème tant soit peu complexe. Il serait finalement « rentable », en termes de développement du cerveau, de faire apprendre à fond aux enfants non seulement leur langue « locale » mais aussi plusieurs autres langues. Frédéric Mistral a dit (en provençal) « celui qui possède sa langue tient les clefs de sa prison ».

Mais où en serions-nous si nos ancêtres gaulois » (ou ibères, teutons, cimbres, étrusques etc.) ne s'étaient pas mis peu au latin de cuisine, et combien de dialectes tribaux totalement différents faudrait-il maîtriser pour se comprendre dans le seul Hexagone (à l'instar des indiens d'Amérique du Nord avant-hier et des Papous de nos jours) ?

Je me console en me disant que si parler plusieurs langues (surtout le chinois, n'est-ce pas ?) éveiller l'esprit, et si Darwin a raison, les malheureux anglo-saxons, n’ayant pas à faire cet effort, seront peu à peu éliminés au profit des multilingues plus vifs d'esprit : il ne restera plus d'eux que le souvenir de leur langue. A moins que nous ayons un métro (ou une caravane) de retard, et que le sabir à redouter ne soit le frarabe plus que le franglais !

2 janvier 2007 : En ce qui concerne l'anglais de nos enseignes, je ne sais plus quoi penser. Pendant mes 40 ans de journalisme je me suis battu pour éviter le franglais et les anglicismes dans mes écrits. Mais le monde a changé et j'opte pour l'anglais quand le français n'est pas indispensable ou ne va pas de soi. Mon option : promouvoir la culture française (en particulier dans l'informatique graphique), mais en laissant tomber une langue qui se fossilise progressivement par la volonté d'une majorité de français et de l'Académie Française (qui est en train de détricoter le travail accompli en informatique par la commission spécialisée que présidait mon ami Renard).

Let us be French, but let us speak the World Language, which is still (but more and more wrongly) called "English" (and is sometimes so bizarrely used by our good old British).

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Bravo pour votre article sur la langue française : Etiemble (Parlez-vous franglais ?) , Orwell (1984) et Aymé (Travelingue) ont défendu à leur façon la même idée : pour tuer une idée tuer le mot, pour tuer une culture tuer sa langue. Empruntons aux langues étrangères les mots correspondant à des concepts qui n'existent pas encore en français - est-ce que « transcendance » existe en chinois ? - mais utilisons notre langue quand elle suffit. En informatique j'utilise l'anglais - nécessité fait loi- mais j'utilise le français pour expliquer à mes collègues le rôle de la journalisation dans l'administration d'une base de données : je parle de "journaux avant et de journaux après modification" et non de "rollback segments and redo logs". Celui qui ne connaît ni le jargon d’Oracle ni l'anglais mais qui a un minimum de culture informatique me comprend.

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Dans « Le ridicule des traîtres » tu dis des choses justes et bien observées : les réunions où la plupart des participants font semblant de comprendre ce que dit l'orateur ; la qualité de la pensée qui se dégrade lorsque la communication se dégrade ; l'exclusion de ceux qui ne maîtrisent pas cette langue ; la perte de la précision du langage, car on s'exprime moins bien dans une langue étrangère que dans sa langue maternelle ; la détérioration de l'anglais lui-même, avachi au niveau d'un pidgin international.

Puis tu dis que « la solution, pour l'Europe, consiste à  savoir comprendre plusieurs langues de telle sorte que  chacun puisse s'exprimer dans sa propre langue ». Sachant que l'espéranto est plus facile à comprendre et à parler que toute autre langue, que c’est un instrument de communication précis malgré sa simplicité, qu’il n’exclut personne (car il repose sur  un Fundamento, code génétique de la langue, qui la définit  précisément et simplement, appartient à tous ses locuteurs et symbolise l’égalité de tous).  

Une autre solution possible pour l'Europe serait que chacun fasse de l'espéranto sa langue seconde. Son usage serait alors non pas "un moindre mal", mais un bien  pour tous. En outre chacun comprendrait mieux ce qu'il dit dans sa propre langue ! En effet beaucoup de gens parlent mal leur propre langue maternelle et ne maîtrisent pas  leur propre langue de pensée. Apprendre l'espéranto peut leur permettre de faire des progrès (c'est ce que j’ai vécu pour ma part).

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A propos du ridicule des traîtres : le site http://www.languefrancaise.net indique de France Telecom et Seillière ont été lauréats du prix de la "carpette anglaise".

21 décembre 2006 : Qualité de service : la boucle locale du réseau téléphonique" est savoureux et les déductions que vous tirez de cet incident (hélas fréquent par chez nous) sont tout à fait pertinentes. Je crains toutefois que vous ne prêchiez dans le désert. La qualité de service va en se dégradant, c’est encore plus vrai des cyberprestataires. Ne vous plaignez quand même pas trop car vous avez l’ADSL (quand ça marche !), moi au village je ne peux même pas l’avoir.

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J’ai lu ton pamphlet avec attention et je suis d’accord avec toi. L’esprit de QS fout le camp, et les gens de France Telecom regardent les choses se dégrader sans rien faire. Je suis même étonné que tu aies pu parler au 1013, car souvent on attend si longtemps que l’on raccroche furieux et si l’on a appelé avec son mobile Orange car sa ligne fixe est en rade, on paie le temps d’attente ! Avec les services haut de gamme, par exemple « ma Ligne TV », c’est encore pire. L’âge d’or est derrière nous, et pas seulement parce que nous n’avons plus vingt ans !

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Contrairement à mes collègues de France Telecom, je ne tombe pas des nues car je trouve tout ceci conforme aux logiques qui se sont déployées ces dernières années : ouverture à la concurrence, prégnance des marchés financiers, évolution des entreprises depuis l’explosion de la bulle, génération de managers à la tête des grandes entreprises etc.

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Génial ! Le reportage photo est saisissant, les effets discriminants de la météo sont surprenants, la conclusion sur la qualité de service et les économistes est criante de vérité.

20 décembre 2006 : "Qualité de service : la boucle locale du réseau téléphonique" est un travail de reporter, photos à l'appui. Évidemment les "boys" de France Telecom à Paris "tombent du ciel " car ta boucle locale marche, si j'ai bien compris, avec la pluie ou le beau temps (comme les cours de Bourse d'ailleurs, dont celui de France Telecom selon Michel Aglietta). Le service du public n'est plus à l'ordre du jour dans la stratosphère financiaro-politique. Elle aussi risque de tomber de haut quand quelques poids lourds, type Google ou autres, vont couper ses filets de sécurité et de certitudes...

19 décembre 2006 : Votre texte A propos de l'indice des prix me semble être un des meilleurs papiers sur le sujet. Il  permet de comprendre où faillissent les "politiques traditionnels" : ils croient que les indices doivent refléter la réalité vécue par les gens. Si l'indice ne le fait pas, il faut le changer, pensent-ils. Or l'indice n'est que la valeur qui s'affiche sur un thermomètre. Un thermomètre ne mesure que la chaleur, pas la pression ni l'humidité, et si les gens se sentent mal à l'aise à cause de la pression ou de l'humidité, il n'y a pas de quoi casser le thermomètre.

Dans l'économie nouvelle, que vous expliquez si bien, le champ de pertinence de notions comme "pouvoir d'achat" et "inflation" est réduit. Les gens ne disent "pouvoir d'achat" et "inflation" que parce que les médias le leur serinent. D'eux-mêmes, ils diraient plutôt "crédit pour la maison", "abonnement à Canal+", "on n'a plus rien à moins d'un euro", "je n'ai pas eu d'augmentation de salaire", "je suis dans le rouge", "l'année prochaine on verra". Dans une économie imprévisible et menaçante, diversifiée, avec des biens changeants, et fondée sur le matraquage médiatique des envies ("cette échelle télescopique, il vous la faut" : j'ai entendu ça sur une émission de téléachat), les gens craignent de perdre en capabilities, en pouvoir d'influencer leur destin.

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Ton papier sur l'indice des prix est bien sûr très pertinent. Je ferai trois observations :
1. à propos de la Terre, qui est sphérique : c'est à l'évidence contraire au sentiment que nous pouvons tous en avoir ! Ceux qui le prétendaient ont dû affronter des tas d'objections de bon sens.

2. Rappelons qu'on a parlé d'indice "du coût de la vie", d'indice des prix, de "budget-type", de pouvoir d'achat, etc. Ce sont des notions différentes qu’on mélange allègrement. Le pouvoir d'achat dépend à la fois du revenu et du prix des choses ; entre les deux, il y a les modes de consommations. Si je décide que j'ai besoin du téléphone mobile dont je m'étais passé jusqu'alors, cet achat supplémentaire réduit mon pouvoir d'achat (mais augmente peut-être mon niveau de vie ou ma satisfaction).

3. le sentiment croissant, dans la période présente, que les prix évoluent autrement de ce que l'indice observe s'alimente des divers phénomènes que les commentateurs ont rappelés : produits au prix desquels on est plus sensible, caractère plus ou moins contraint de certaines dépenses, situations personnelles en écart par rapport à la moyenne, etc.  Un autre phénomène semble jouer : le développement des offres commerciales forfaitaires (carte orange du métro parisien, forfaits téléphoniques etc.). En résulte une déconnexion entre ce qu'on paie et la quantité que l'on consomme : l'unité n'a plus de prix pour le consommateur. Les statisticiens reconstruisent un prix en divisant le montant payé par le volume consommé, mais personne ne fait ce calcul pour soi et chacun est donc porté à ressentir comme prix le total payé, c'est à dire la dépense, là où les statisticiens continuent à calculer un prix.

Ces divers aspect ont été évoqués lors du "café de la statistique" le 20 février dernier (cf. la page du "groupe statistique et société" sur www.sfds.asso.fr.

22 novembre 2006 : J'ai trouvé Consolider les fondations très pertinent. L’enseignement, dans le secondaire et le supérieur, est formaté et mécaniste (« applique telle méthode ou tel principe et ça marchera »). Le pourquoi et la raison d'être des disciplines scientifiques ne sont pas abordés. Une collection publiée par les éditions « Le Pommier » m’a permis de reprendre l’étude des mathématiques : c'est une joie que de découvrir des choses que je n’avais pas su voir auparavant. Votre anecdote sur l’Introduction à la philosophie me rappelle par ailleurs Présentation de la philosophie de A. Comte-Sponville.

11 novembre 2006 : J'ai réalisé l'année dernière un mémoire de fin d'étude sur la valeur stratégique des EIS (Executive Information Systems) dans le contrôle de gestion. Vos articles sur les Systèmes d'Information m'ont été très utiles (j'ai bien entendu cité mes sources). Ce mémoire, très modeste, m'a permis d'obtenir la note de 15/20 et a beaucoup pesé pour mon entrée en Master 2 (il pèse encore beaucoup lors des entretiens professionnels). Je vous remercie de faire partager vos connaissances de manière si large.

4 novembre 2006 : Je lis systématiquement en premier les commentaires de tes lecteurs. Ceux qui découvrent volle.com apprécient, puis deviennent fidèles. Tel est mon cas.

4 novembre 2006 : J’ai profité d'un moment de calme pour ouvrir e-conomie. J'adore ! Comme mes cours de statistique ne m'ont pas laissé des souvenirs impérissables, je saute les passages mathématiques. En revanche, je dévore les rapprochements micro et macro-économiques car ils concernent notre époque (étant né dans la nouvelle économie, je n'ai que peu de références sur l'ancienne économie). Le modèle que tu décris sera une évidence pour la prochaine génération.

3 novembre 2006 : Dans Le coeur secret de la France, vous écrivez : "Indiquons un ordre de grandeur : la part des animateurs dans la population active me semble être de l'ordre de 10 à 20 %. Cette élite est donc à la fois minoritaire et relativement nombreuse." J'ai pratiquement toujours travaillé hors de France, dans des structures très diverses, et j'ai constaté que le pourcentage dont vous parlez est assez stable dans toutes les populations. La différence d’efficacité entre tel et tel peuple est plutôt due à la puissance du frein que représentent les 80-90% restants, frein qui dépend beaucoup de l’environnement culturel, de l’éducation, etc...

31 octobre 2006 : J’ai bien aimé Le coeur secret : tes animateurs n'ont peut-être pas lu les plus grands esprits, mais ceux-ci ont su universaliser l'essence de cette France. Ils ont en commun la pratique du service de l'autre, chose qui s'apprend et s'applique et qui est très efficace. Dans le monde dominé par les TIC c’est le facteur humain (tes animateurs vertébrés) qui est la clé de tout, et non la machine ni la technologie.

Passons à l’illettrisme de l'aristocratie médiatique. Les classes sociales qui disparaissent se lamentent, car elles croient que le monde disparaît avec elles. Nos « intellectuels illettrés » leur servent de porte-pensée. Nous assistons à la prise de pouvoir par l'absolutisme des ignorances, qui fabrique de la peur à des fins inavouées.

Enfin la victoire de Ben Laden était presque écrite dans le « Project for the New American Century », pour qui Ben Laden est à la fois un prétexte et un allié objectif.

21 octobre 2006 : Dans Gaffe ou propos délibéré ?, vous vous demandez « Faut-il classer parmi les gaffes le discours qu’a prononcé Benoît XVI et qui a soulevé tant d’émotion chez les musulmans ? Ou faut-il croire qu’il a parlé ainsi de propos délibéré ? »

Une telle introduction revient à sacrifier au politiquement correct et à faire croire que les manifestations qui s'en sont suivies étaient justifiées.

Ne peut-on plus parler librement de l'islam maintenant ? Même si on pense que Manuel II avait tort, doit-on ne jamais le citer ? À terme, aucune critique ni recherche historique ne serait plus possible.

Parler de « gaffe » revient à occulter le discours pour n'en garder que l'introduction. Son sujet était « foi, raison et université », et non l’ islam. Votre réprobation du discours aurait dû s'accompagner d'un sérieux doute quant à son traitement médiatique.

Vous dites « Il serait stupide de reprocher à l’islam une intolérance qui, dans l’histoire, a été plutôt moins fréquente et moins absolue chez lui que chez les chrétiens ». L'Asie mineure a été chrétienne jusqu'à l'expansion musulmane. Croyez-vous que ses habitants se sont convertis parce que les prédicateurs musulmans avaient des arguments supérieurs à ceux des chrétiens ?

Que vous ne soyez pas d'accord avec le Pape, libre à vous. Mais vous passez sous silence sa rencontre avec des dignitaires musulmans qui a suivi cette hystérie médiatique, rencontre dont les dits dignitaires se sont dits satisfaits. Entretenir cette histoire de « gaffe », c’est hurler avec les loups médiatiques.

4 octobre 2006 : Lecteur régulier de votre site, j'ai pour la première fois une critique à formuler. volle.com a été un blog avant l'heure. Vous y présentez vos textes en suivant un axe chronologique et un axe thématique, publiez les commentaires de vos lecteurs et votre éventuelle réponse. Un flux rss est disponible, comme sur un « vrai » blog. Le fait que votre site ne permette pas l'interactivité n’est qu’un problème d'outil. Je n'ai donc pas compris votre décision d'ouvrir une page sur blogspot : avoir deux sites distincts, l'un contenant les textes, l'autre les réactions, alourdit inutilement la forme. Vous devriez plutôt installer un logiciel de blog sur volle.com en parallèle du contenu statique actuel. A terme, l'intégralité de votre site serait reformatée sous forme de blog. D’autres solutions plus techniques pourraient parachever le travail, comme la redirection automatique des pages statiques vers les billets du blog.

2 octobre 2006 : Je réagis à ton article : Le Standish Group nous aurait-il trompés ? J'ai souvent cité cette référence, non comme une statistique fiable mais comme un témoignage ayant la même "valeur" que la citation d'une personne, c'est-à-dire qu'une opinion ou une vue sur la "réalité". Je n'ai jamais cru à l'exactitude de ces statistiques.

Comment mesurer le succès ou l'échec d'un projet dans les SI? Je reprends deux de tes réflexions dans "Ingénierie de systèmes et SI" : "Il existe un écart entre l'organisation humaine, dont le flou est à la fois naturel et entretenu, et le logiciel dont le fonctionnement est automatique", "dans les systèmes d’information, les exigences initiales sont souvent démesurées. Il faudra savoir ne retenir parmi elles que les 20% vraiment indispensables, leur sélection devant être dûment justifiée."

Définir le succès d'un projet est difficile. En l'absence d'une telle définition, les statistiques, fussent elles bien menées, ne donnent qu'une mesure de l'opinion (versatile) des interviewés.

1er octobre 2006 : Je viens de lire attentivement « Gaffe ou propos délibéré ? ». Ce texte est remarquable et je pense que si le Pape le voyait, il te dirait merci. J'ai essayé d'exprimer autrement : « Si Dieu agissait contre la raison, il agirait de façon contraire à sa propre nature », autrement dit il est la raison même.

Or il est l'Être et de cet Être découle la raison. Pour nous, esprits grecs, la raison, c'est la faculté de raisonnement, mais le « Je suis » de la Révélation emporte tout raisonnement. J'admire des phrases comme « Le fait brut de l'existence, dans sa simplicité, pèse plus lourd que les architectures de la raison», « La démarche rationnelle ne peut trouver son sens que là où les valeurs orientent nos intentions. »

Nos valeurs, c’est la nature elle-même : que les théologiens ne se penchent pas sur ce genre de recherche est rare, dis-tu : pas si rare que ça, mais le pape en la circonstance, peut-être. En tous cas il aura suscité des réflexions. Il aura malheureusement aussi, bien involontairement, provoqué de la folie. Ta conclusion dit, en trois mots, juste ce qu'il faut dire et que bien des gens ont besoin d'entendre.

19 septembre 2006 : Les idées que vous exprimez, même si je ne les partage pas toutes, ont toujours une indéniable qualité. Mais « Gaffe ou propos délibéré ? » me paraît hors de vos habitudes. La réflexion y emprunte des raccourcis. Votre résumé du discours occulte sa conclusion, qui indique parfaitement le contenu, les objectifs et la distance que le pape prend par rapport au texte original. Votre propre conclusion semble moins ouverte au monde et vos propos bien plus blessants.

Vous dites : « Le Pape aurait pu trouver pour parler de l’islam des citations moins provocantes dans le contexte actuel. » Je ne vois aucune provocation dans le discours du pape. La vérité fait souvent mal, mais doit-on dans le cas présent dire que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ? Toute religion peut être soumise à la critique, votre phrase suivante est d’ailleurs critique envers l’église catholique. Tout comme les anciens toxicomanes qui viennent au lycée faire de la prévention, cette Eglise a le droit de prévenir d’autres religions des risques que présentent certaines dérives par lesquelles elle est passée.

Vous dites encore « Ce n’est pas en citant des insultes proférées jadis que l’on pourra ouvrir un dialogue mutuellement respectueux entre enfants d’Abraham. » Au XIVe siècle, les propos pouvaient être « d’une rudesse assez surprenante ». De nos jours ils suscitent le meurtre (une religieuse à Mogadiscio), la destruction d’église (à Gaza) et des menaces d’attentat. Peut-être les lumières de cet âge que l’on dit sombre étaient-elles plus intenses que celles de l’islam contemporain.

Vous dites « Ce n’est pas non plus en figeant dans son image actuelle, d’ailleurs éventuellement fausse, l’idée que l’on se fait d’une grande culture que l’on pourra engager ce dialogue : il ne faut pas réduire l’islam à l’islamisme, ni le judaïsme à la politique de l’état d’Israël, ni le christianisme à une gaffe du Pape. » Le pape en appelant au dialogue cherche justement à recréer un lien avec l’islam des lumières, qui doit désormais faire entendre sa voix et condamner haut et fort l’islamisme. Le politiquement correct a des limites ; en les franchissant vous êtes tombé dans le bien-pensant.

Je ne réduirai cependant pas votre pensée à ce texte que je considère comme une gaffe et je continuerai à lire, avec plaisir, vos divers papiers.

16 août 2006 : Je suis tombé sur ton site en suivant un lien à propos d’un article du Monde sur la décroissance. Je suis resté plus d’une heure à en faire le tour des articles tant je me suis reconnu dans tes analyses. J’ai particulièrement aimé celles sur la sagesse, sur les enfants gâtés, sur la croissance intelligente, la lettre au dirigeant et enfin ta conversation avec Pierre Musso sur les valeurs et les ressorts de l’action. Pour un ingénieur consultant en organisation, c’est une délectation. Je me sens conforté dans ma fierté d'ingénieur créateur, je comprends mieux d’où viennent la sinistrose et le délitement actuel de notre contrat social, je mets du sens dans les missions qui font mon quotidien.

12 août 2006 : L'utilisation des méthodes, en particulier celles que tu cites, c'est l'introduction de la bureaucratie dans les projets informatiques : plus lent, plus cher, moins bien, et en cas de pépin personne n'est responsable. Un exemple : l'échec d'Ariane 5 (voir http://sunnyday.mit.edu/accidents/Ariane5accidentreport.html), qui est à cent pour cent attribuable à l'emploi des méthodes en informatique. Le coupable était le système informatique de contrôle commande, jamais testé dans son ensemble ni sur la trajectoire réelle de la fusée, mais qui avait passé avec succès toutes les épreuves de la bureaucratie qualité. Je ne citerai pas MERISE, grande fossoyeuse de projets dans l'administration... Pour juger les méthodes, un test simple : les résultats. Autre test : regarder comment font ceux qui réussissent (Google, Amazon, Yahoo etc.). Ils parlent rarement de méthodes, mais plutôt du résultat.

Quelques saines lectures : http://www.extremeprogramming.org/ et http://www.joelonsoftware.com/, par celui qui a dirigé le développement d'Excel chez Microsoft. En informatique, de nos jours, rien ne remplace la qualité de l'équipe, surtout pas la méthode. Il faut laisser le chef de projet mettre en place ce qui lui semble le plus approprié en fonction des résultats à atteindre.

31 juillet 2006 : J’approuve votre article « À propos du parti de la décroissance ». Les objectifs que vous définissez consistent à préserver le bien-être des êtres humains d’aujourd’hui tout en ne nuisant pas à celui de la postérité. Ces objectifs sont aussi ceux des objecteurs de croissance. La décroissance n’est pas une fin en soi mais un moyen pour favoriser l’émergence d’une humanité plus humaine et pacifique.

Les décroissants souffrent d’une image négative. Il est vrai qu’a priori la décroissance matérielle n’est pas le processus le plus enthousiasmant. On croit que la décroissance remet en cause des acquis de la médecine. Or le Parti pour la Décroissance est un parti humaniste, qui conditionne la protection de l’environnement au respect des droits humains.

La « croissance propre », la « croissance verte » ou la « croissance durable » sont des concepts déresponsabilisants, la société se reposant sur la techno science pour résoudre nos problèmes sociaux et écologiques. La décroissance, elle, vise à situer les réponses sur le plan politique. Le partage et la sobriété sont les clés d’un avenir viable, pour des raisons écologiques mais avant tout pour renouer avec des valeurs qui fondent notre humanité.

10 juillet 2006 :  Sur les pertes américaines en Irak : l'armée US est peut-être la plus mauvaise organisation au monde (tu as pu le lire dans le New York Times). Une femme réclame une pension après la mort de son mari, lieutenant tué au combat. D’après les données du Pentagone il n'était pas marié, n'avait pas d'enfants, habitait au nord et non en Floride : tout faux ! Pire encore : cette armée a dans ses rangs beaucoup de latinos et autres engagés (pour se faire trouer la peau ou pouvoir devenir citoyen américain après la guerre) : ces mercenaires sont-ils comptés ou non dans les pertes ?

8 juillet 2006 :  On parle à propos de Clearstream de la vente de vedettes à Taïwan, il y a eu d'autres contrats beaucoup plus importants. Taïwan exige que le fournisseur étranger s'engage à ne pas verser de commissions. Si un versement de commissions est prouvé, le fournisseur doit diminuer d'autant le montant du contrat (puisqu’il avait majoré d'autant son prix de vente…) C'est sans doute ce risque financier colossal qui incite les ministres de droite et de gauche à invoque le secret défense. Nous ne connaîtrons sans doute jamais la vérité.

30 juin 2006 : Je me délecte à la lecture de ton site : l'article sur Bourdieu, sur les enfants gâtés, sur les tableaux de bord, la lettre à un dirigeant etc. Je me retrouve dans ce que tu écris. Je me dis  "Ah mais oui, c'est exactement ce que je pense, mais c'est bien écrit et bien formalisé". Ainsi j'ai l'impression de ne pas être seul au monde avec mes idées.

23 mai 2006 : Les dirigeants devraient lire De l’Informatique. Ils comprendraient que la valeur de l'entreprise ne se résume pas à eux seuls, alors qu’ils considèrent trop souvent les salariés comme des facteurs de coût, des automates humains incapables de penser et dépourvus de savoir-faire. Cela leur permettrait de se remettre dans leur rôle (l’organisation de l’entreprise) et de démystifier l'informatique, qui doit servir l'utilisateur et non lui dicter sa conduite.

9 mai 2006 : Je vais diffuser ton texte sur l'extrême droite. Tu as fait le ménage dans ta tête, et c’est difficile… je n’aurais pas su par exemple identifier avec la même précision la cause du dysfonctionnement des régimes fascistes. Tu as connu ce milieu, tu as réfléchi au phénomène, tu ne sous-estimes pas l'adversaire, tu utilises des mots simples et compréhensibles. Je te remercie pour tes textes clairs et intelligents, sans mièvrerie ni « politiquement correct ». Ton site est un recueil d'idées et de pensées comme je n'en avais jamais découvert.

5 mai 2006 : Je suis en train de lire De l’Informatique. Quelle délectation ! Le fonctionnement des entreprises que j'ai pu connaître durant ma petite expérience professionnelle (j’ai débuté en 1998) est semblable à celui des grandes sociétés que vous évoquez. Je vous envoie en pièce jointe un peu d'eau pour alimenter le moulin.

16 avril 2006 : J’ai lu votre article dans Le Monde. Avec le CPE, comme pour  le « non » au référendum européen, la casse est sans doute plus lourde qu'on ne l'imagine. Mais la frivolité n'est plus l'apanage de l'aristocratie : les classes possédantes, laborieuses et chômeuses s'y essaient avec délice. Votre description des difficultés que rencontrent les patrons des petites entreprises fait chaud au coeur parce qu'elle est exempte du mépris dont on les accable d'ordinaire. On les traite de poujadistes entre deux soupirs distingués mais il n’est guère de bourgeois de gauche (ou de droite) qui ne deviendrait en trois semaines un poujadiste enragé s'il devait subir les contraintes administratives auxquelles est soumis un artisan. Ça fait du bien de voir un économiste qui n'exclut personne de son champ de compréhension pour cause de préjugé de classe ou de statut.

15 avril 2006 : Dans ton article dans Le Monde, tu te fais l'ardent défenseur du CPE pour les toutes petites entreprises. Je comprends qu'il y a une certaine délectation pour un ancien militant d'extrême gauche à se lancer dans la défense d’une cause soutenue par le droite et combattue par la majorité du pays. C'est une autre manière de souligner qu'on appartient à une élite. Mais tu aurais dû lire le texte de la loi avant de voler à son secours. Ton argumentation repose sur le fait que les entreprises artisanales ont besoin d'un dispositif qui leur permette de sélectionner leurs salariés en toute sécurité, et que le CPE était un pas dans ce sens. Or le texte de la loi précise que le CPE est réservé aux entreprises de plus de vingt salariés ! Ton argumentation s'écroule. C'est le CNE que tu aurais du défendre.

14 avril 2006 : réactions suscitées par l'article « L'angoisse du petit patron face à l'embauche », Le Monde, 14 avril 2006.

11 avril 2005 : « L'approche de l'entreprise par le système d'information me paraît toujours salubre » : c'est dans De l’Informatique LA PHRASE que tu aurais dû mettre en tête du livre. Cet ouvrage puissant se prête à plusieurs niveaux de lecture. Il est d’abord difficile d'accrocher car ça paraît technique et les chapitres ne commencent pas par des phrases choc. Il faut les lire et relire pour analyser leur fondement. C’est comme ton site, qui paraît austère mais recèle de perles de réflexion et de fraîcheur, le tout relativement accessible (c’est-à-dire compréhensible).

Ce livre déroutant est construit de façon inhabituelle. Avec ce qu’il contient et des titres plus « vendeurs » tu aurais pu faire quatre ou cinq livres. C'est complètement déstabilisant. Certes la sagesse invite à la prudence et au respect mais là c'est trop et c’est dommage, car vu ton expérience (fonctionnaire - entrepreneur dans le privé - grosses et petites entreprises) tu as beaucoup à transmettre.

5 avril 2005 : Avec La Fronde, tu seras le dernier à sauver Villepin de la Bérézina où l'a entraîné son autisme aristocratique. Je suis effondré d'apprendre qu'avec 3 millions de tes anciens camarades je fais partie des « réactionnaires » ! Les Cévennes ont l'air de te rendre aveugle. Pourtant c'est le pays des Camisards.

5 avril 2005 J’ai lu la conclusion de De l'informatique : texte profond et subtil qui, avec ta magical touch habituelle renvoie, à partir d’un sujet technique (l’automatisation), au respect de soi et des autres. Tu reviens toujours au rappel des mêmes valeurs, chaque fois selon des chemins différents. J'aime ce regard à la fois froidement lucide (quand tu analyses) et chaleureux (quand tu dégages des perspectives pour l’être humain) sur une société qui s'automatise sans savoir prendre la mesure du phénomène.

3 avril 2006 : La Fronde dit ce que les chefs d'entreprises devraient dire. Je regrette que les défenseurs du CPE n'ai pas décrit cela. Le MEDEF, désemparé, ne sait pas dire que le robinet de l’emploi serait ouvert si l'employeur était en confiance, s’il ne risquait pas de tomber dans des difficultés juridiques et administratives. Même si je suis jeune, je ne vois pas l'avenir plus sombre qu'aujourd'hui : comme nous sommes au fond de la piscine, nous ne pouvons que remonter.

3 avril 2006 : J'ai adoré la Fronde. Es-tu d'accord avec Jacques Marseille selon qui seule la révolution peut, en France, faire bouger les choses ?

2 avril 2006 : Je suis d'accord avec vous sur le fond en ce qui concerne le CPE. Tout cela résulte de vingt ans de mensonges : des jeunes ont été conduits sans véritable orientation vers des formations (socio, psycho, histoire...) non reconnues par les entreprises. Une France des réseaux, recroquevillée sur elle-même. Je ne suis pas optimiste.

31 mars 2006 : De l’Informatique est passionnant, magnifiquement documenté. J’y vois un travail de recherche phénoménal et j’y trouve les éléments qui ont accompagné ma carrière de professionnel de l’informatique. Sur le fond je suis en accord avec vos analyses, que ce soit le socle historique ou la vision philosophique de l’entreprise et de son avenir. Vous exprimez ce que je pense sans avoir eu l’énergie de le mettre par écrit ! Toutefois les citations issues d’une langue étrangère devraient être en français, avec le texte dans la langue d’origine en note de bas de page.

J’ai travaillé 15 ans dans et avec des entreprises américaines. Je pense que les entreprises américaines et européennes évoluent vers un modèle analogue, qui ne laissera au contrôle par les actionnaires que la part qui leur revient raisonnablement. 

31 mars 2006 : J’ai lu De l’Informatique. Je l’aurais plutôt intitulé De la vie des entreprises. C'est très bien et même très beau, mis à part le ballet des mots « positionnement, professionnalisation, questionnement, organisationnelle, faisabilité, évolutivité, interopérabilité, exponentiellement, dimensionnement » qui m'amuse  plus qu'il ne m'étonne. Mon passage préféré, c'est celui où tu parles de « servitude et grandeur ».

30 Mars 2006 : De l'Informatique, c'est gros, solide, affirmatif, du Michel Volle quoi, et il y a de la matière.

20 mars 2006 : Pas d’accord avec votre texte relatif au CPE. Combien d'embauches supplémentaires peut-on en attendre ? Le gouvernement n'a pas répondu à cette question (une loi votée sous le gouvernement Juppé l’y oblige pourtant, mais elle n’est pas appliquée ; voir evaluation.blogspirit.com). Faut-il faire crédit à M. de Villepin sur sa seule image de vaillance ? Ce serait céder à cette illusion de "la réforme", de "la mesure", que vous aviez dénoncée dans Crise de système.  Les manifestations  anti-CPE me semblent l'expression d'un salutaire bon sens. Considérer quelqu'un comme "à l'essai pendant deux ans" n'est en rien "le contrat le plus social jamais proposé aux jeunes". Les propositions du MEDEF sont si proches de celles de la CGT qu’il ne devrait pas être difficile d’aboutir à des décisions consensuelles sur l'emploi des jeunes, si le gouvernement veut bien écouter l'un et l'autre.

12 mars 2006 : Je te félicite d’avoir dit tout haut, à propos de la liberté d’expression, ce que beaucoup de gens pensent sans oser le dire. Je m’étonne que tu sois encore si seul. Quant à la taxe sur les billets d’avion, c’est une des idées saugrenues de notre président. Il vieillit bien mal et il va laisser le pays dans un sale état.

11 mars 2006 : J'ai bien aimé De l’Informatique (entreprise + Montaigne) qui m’a beaucoup appris. La conclusion gramscienne m'intéresse mais je pense le contraire : le dogme managérial est en train de s'imposer par le petit bout de la lorgnette (qui est l'inverse du tien), et cela donne une entreprise Canada-dry. La société française est schizophrène : elle aime l'Eglise et l'Etat, comme tu le dis, mais s’efforce de singer l'entreprise américaine sans pour autant en retenir les concepts industrialistes.

21 février 2006 : Ce que décrit la deuxième partie de De l’Informatique  ressemble à l’aventure que nous vivons dans une administration dirigée par un grand corps de l'État : rôle ambigu du DSI, à la fois maître d'ouvrage et actionneur des troupes, de leurs engins et bouts de fils ; incompétence des chefs de projet, surtout quand ils sont appelés à un brillant avenir dans d'autres postes ; dérive fatale vers les « solutions » chères, grotesques et inutilisées.

19 février 2006 : De l’Informatique est un excellent ouvrage d'initiation, en même temps qu'une ouverture au monde de l'esprit. Car cet ouvrage cherche à donner du sens, et donne au lecteur la liberté d'en trouver plusieurs ! Il apporte une nouvelle lecture de l'informatique, jusqu'ici écartelée entre les manuels techniques et les sommes de prétention inculte.

13 février 2006 : De l’Informatique est une mine et un monument ! C'est aussi un livre d'« aventure » : j'apprécie la présence de l'auteur, sa subjectivité, ses réflexions, ses apartés pluridisciplinaires.

9 février 2006 : Je crois que les lecteurs de De l’Informatique apprécieront, comme moi, le ton incisif et en même temps non-agressif avec lequel tu traites les questions de pouvoir. Tu appliques cette phrase que l’on attribue à Talleyrand : « Ce que les mots gagnent en violence, ils le perdent en force ».

4 février 2006 : Je n'ai pas encore lu De l’Informatique mais la table des matières est alléchante. Cependant le titre me semble un peu prétentieux : on dirait que tu considères ta contribution comme l'écriture définitive et finale sur le sujet.
Je suis d'accord avec ce que tu dis sur l'usage du mot « jeunes » à la place de « voyous » et sur le langage politiquement correct, mais le mal est  fait : un retour sur ta ligne ne serait pas compris car une proportion élevée des émetteurs continuera à parler en français politiquement correct. Je crains que tu ne te battes ici contre des moulins à vent.

4 février 2006 : Après avoir lu « Vivre et travailler dans les Cévennes », j'ai parcouru le site de Sénéchas. Il m’a donné l'envie de faire mes valises, de fuir la grisaille du béton pour rejoindre le pays cévenol.

4 février 2006 :  Quel beau texte que « Sérieux et gravité » ! même si  ma belgitude ne me permet pas de m'approprier Victor Hugo en raison d’un cruel manque de références… Connaissez-vous le dessinateur belge Pierre Kroll ? Il a fait une délicieuse caricature des frères Dardenne recevant la palme d'or à Cannes.

3 février 2006 : Je ne suis pas d'accord avec ta conception d'un post-modernisme blasé et pessimiste, ni avec ton interprétation de l'œuvre de Dupuy. Dans Pour un catastrophisme éclairé Dupuy explique en quoi les prophètes de malheur sont utiles : ils catalysent les réactions du peuple de telle sorte que les catastrophes ne se produisent pas. On peut vivre avec un schéma où cohabitent une force prométhéenne, créatrice, innovante, et une préoccupation environnementale qui vise à limiter les effets pervers de l'innovation, à la canaliser vers ses aspects positifs, la connaissance et la recherche servant d’outils à cette démarche... Un peu d'optimisme ne messiérait pas.

30 janvier 2006 : Je fais des réserves sur que tu dis sur le racisme dans le texte sur les jeunes. Le racisme n'a rien à voir avec le raisonnement : c'est une passion qui procède par pulsions. S'il fallait attendre la science pour lui faire obstacle, on serait mal parti. Il procède par métonymie : « le » juif est « l' » usurier ou « le » capitaliste, « l' » arabe est « le » voleur ou « le » paresseux, et autres stéréotypes. Dans Israël : un examen moral, Avraham Yehoshua dit que le moteur de l'antisémitisme est la peur que cause l'étrangeté des juifs, différents tout en étant semblables, d’ailleurs tout en étant d'ici. Cette idée peut s’appliquer aux autres manifestations du racisme. Parler de racisme pour qualifier l’ostracisme appliqué à une catégorie socioprofessionnelle ou démographique me semble inapproprié. Cela n'excuse en rien la xénophobie ni l'ostracisme social, mais mieux vaut distinguer les choses. Je ne parle pas des infra-marxistes qui croient expliquer le racisme par la concurrence sur le marché du travail : Marx n'a jamais soutenu cette thèse débile.

19 janvier 2006 : J'ai bien aimé ton article sur la tentation du DSI. Je l'ai fait lire par notre DSI et par certains directeurs. Notre entreprise est tentée de charger le DSI de tous les rôles à la fois et un grand nombre de responsables, dont probablement le président, semblent penser que « tout ça, c'est de l'informatique ». Le DSI, lui, a l'air plus lucide mais on verra...

2 janvier 2006 : En surfant sur les sites relatifs à l'Intelligence Économique et à la gestion de l'information, je suis tombé sur le bêtisier du langage des NTIC. C'est tout simplement la meilleure façon de se poiler pendant une bonne demi-heure. Je regrette seulement que les citations soient anonymes...

2 janvier 2006 : Sur votre site plusieurs choses me font plaisir :
- un regard d'observateur qui sait appréhender et traiter les sujets comportant plus de deux paramètres, en identifier les jeux respectifs et rendre compte de la chose observée de façon distanciée ;
- la primauté donnée aux jeux du savoir sur les jeux du pouvoir : votre gyroscope indique la position du « meilleur savoir » comme d'autres donnent la ligne de plus grande pente du pouvoir ;
- une attitude de parent nourricier...

2 janvier 2006 : Dans ton commentaire sur le Staline de Montefiore, j'aime bien les exemples que tu donnes sur le comportement des « microstalines » qui nous entourent et sur les « mini-lâchetés » qui rendent possibles leurs abus de pouvoir... Avoir besoin d'un « chef », rester aveugle à ses abus, cette tendance était déjà bien pointée dans la « psychologie de masse du fascisme » de Reich.

29 décembre 2005 (message provenant de Russie) : Staline est responsable de la disparition physique de dizaines des millions de personnes (à la lettre : on a trouvé sa signature au bas de condamnations à mort de dizaines de milliers de personnes). Il ne s'agit donc pas seulement de « milliers de gens ». Son intelligence était à la fois réelle et mythique : l'intelligence des tyrans réside plus dans leur ruse et leur perfidie, dans leur absence de scrupule, que dans l'intellect lui-même (l'intellect d’un Staline est ma foi assez douteux) .

14 décembre 2005
 : Je partage l'avis d'un de tes lecteurs : « s'il est tard et que vous avez cours demain matin, ne vous lancez pas à lire Michel Volle, vous ne pourrez plus vous arrêter ! ». C'est moi qui  ai évolué : je te suis bien dans ton mode de pensée, et je ne suis plus choquée par tes propos sur « Je suis la voie, la vérité et la vie. » Je vois le point de vue auquel tu te places, il ne t'empêche pas d'entendre la grande Voix qui parle.

13 novembre 2005 : La question de l'origine des marchés est fondamentale mais peu étudiée. Jean Bottéro a observé que plus des trois quarts des tablettes mésopotamiennes étaient des "papiers d'affaire", transactions, contrats, comptabilité, actes notariés. Le scénario vraisemblable fut le suivant : dans le "croissant fertile" mésopotamien, les progrès du jardinage aboutissent à une surproduction. Pour écouler le surplus, les habitants organisent des marchés à partir desquels se forment les villes (fin du IVe millénaire), l'écriture, la métrologie, l'école, les tribunaux. Il faut aller plus loin chercher les clients : la route de la soie se constitue par morceaux, parcourue par des caravanes.
Elles attirent des pillards qui se multiplient mais doivent aussi se modérer car, comme tous les prédateurs, ils faut qu'ils laissent vivre assez de proies pour assurer leur subsistance future. Ils deviennent des protecteurs de caravanes en rivalité. D'où la constitution des royaumes, des empires et de la caste politico-militaire qui détient ce que nous appelons encore actuellement le pouvoir. Je ne crois pas que l'économie de marché nous ait libéré de la prédation : elle était antérieure à la prédation, qui s'est construite à ses dépens.

12 novembre 2005 : J'ai lu « La tentation du DSI » avec intérêt. Dans mon entreprise existait, jusqu'en 2000, une DSI (en fait une maîtrise d’ouvrage déléguée) dirigée par Untel et une direction informatique, maîtrise d'oeuvre interne qui s'occupait des systèmes.

Évidemment, la direction informatique mettait son nez dans la MOA avec tous les inconvénients que cela présente. Arrive un DG du style «  tout ça, c'est de l'informatique, je ne veux voir qu'une seule tête ». Untel a gagné, le directeur informatique s'est fait virer. Victoire de la MOA et anéantissement de la MOE interne, avec les catastrophes qui en résultent : prestataires sans retenue face à des maîtres d'oeuvre délégués incompétents.

Aujourd’hui Untel se fait grignoter la MOA par les directions des métiers ; alors il renforce son côté MOE, ce qui n'est pas mal, mais du coup la MOA déconne de plus en plus, les métiers prenant des initiatives que le DG approuve. La DSI devient de plus en plus un département informatique (il en faut un de toute façon) et la vraie MOA professionnelle n'est pas à l'horizon. Il peut ne pas y avoir d'issue à une telle situation. Ton papier n'est pas beaucoup plus optimiste.

10 novembre 2005 : Je souhaite commenter « la tentation du DSI ». Étant DSI moi-même et remercié l’an dernier par mon DG, je suis aujourd’hui « IT sourcing manager » pour une grande entreprise américaine. Certes, l’outsourcing est un jeu dangereux, mais l’article de Strassmann auquel vous renvoyez date de dix ans. Aujourd’hui beaucoup d’entreprises ont trouvé le partenaire expérimenté qui assure la « responsabilité de l’usine informatique » et elles ont une bonne couverture juridique. Le directeur informatique devient alors un gestionnaire de contrat.

Votre analyse est juste pour les entreprises qui font leur première expérience de l’externalisation. Les DSI et les DG qui « outsourcent » pour la première fois ne savent pas gérer le changement : ils ne veulent que faire des économies. C'est un mauvais calcul, car alors les difficultés que comporte l’externalisation scandalisent les directions « métier » et le DSI saute… Le défaut des « jeunes » contrats d’outsourcing, c’est qu’ils prétendent obtenir avec du personnel externe le service qui était fourni par des gens de l’entreprise : or c’est impossible.

Si par contre le DG a déjà fait cette expérience, il maîtriser réguler le désordre qui suit l’externalisation et laisser au DSI le temps nécessaire soit pour renégocier un contrat qui satisfasse les opérationnels, soit pour trouver un fournisseur capable de répondre aux attentes de l’entreprise.  

On peut appliquer le même raisonnement aux ERP. Seul un commercial sans scrupule (hélas ils sont nombreux) peut prétendre que la mise en place d’un ERP est simple et qu’elle fait faire une économie immédiate. Par contre il est vrai que si l’on accepte de perdre de l’argent à court terme, l’ERP peut sauver la vie de l’entreprise à moyen terme. Mais peu de DSI savent contrecarrer le discours fallacieux des fournisseurs et les DG sont sensibles au chant des sirènes…

10 novembre 2005 (message de Russie) : A propos de « qu’est-ce qu’un jeune ? » : la télévision russe donne une image apocalyptique des événements en France. Les bonzes au pouvoir ici attendent avec impatience le jour où viendrait chez vous le temps des « rasages caucasiens », avec beaucoup de morts : cela leur permettrait de dire au peuple « vous voyez, ça se passe en Europe comme chez nous ! » Idiots morbides…

Nos dirigeants, de bas en haut (y compris le numéro un), se contrôlent mutuellement : tous étant « mouillés », chacun pourrait à tout instant faire mettre en prison ou discréditer ses subordonnés ou ses chefs. La condition pour accéder à un poste de dirigeant, c’est donc d’avoir commis une malhonnêteté dans le passé. « Transparency international » classe la Russie au 126ème rang pour la corruption, ex aequo avec le Gabon, la Mozambique etc. On nous isole du monde occidental : une nouvelle fête nationale vient d’être instaurée – le 4 novembre – pour commémorer une victoire douteuse sur les Polonais (lire : sur l’Occident catholique) en 1612 !

Militer pour l’avenir compromettrait celui de mes enfants, car nos universités sont de nouveau sous le contrôle des services secrets. Je préfèrerais aujourd’hui balayer les rues de Saint-Denis.

10 novembre 2005 : A propos de « La tentation du DSI » : IBM a inventé les directions informatiques dans les années 60-70 pour se débarrasser des comptables et autres grands utilisateurs compétents et placer aux bons endroits des gens formés par lui et dépendants de lui. S’étant reconverti dans le « on demand » et l'outsourcing, il a tout intérêt à faire aujourd’hui disparaître ses anciens complices.

Passionné par la montée des services, j'ai essayé en 1998 de monter un « que choisir » sur ce sujet dans la presse informatique, mais je me suis heurté à un mur quand j'ai tenté d'obtenir la description des prestations proposées. A la différence des matériels qui ont plus ou moins un tarif (avec certes beaucoup d'arrangements pour les gros clients), les contrats de services sont on ne peut plus confidentiels.

J'espérais que l'on irait vers un « packaging » avec une granularité fine permettant des comparaisons. Les « services web », les « application service providers » donnaient une base intéressante pour rationaliser ce marché. Mais les prestataires se sont gardés d'aller sérieusement dans cette voie. Il est vrai qu’elle était techniquement difficile, dangereuse du fait de la rapidité de l'évolution des techniques et de la demande, et commercialement fâcheuse car la concurrence sur des produits normalisés n'est pas bonne pour les prix... 

10 novembre 2005 : Très savoureux, l'article sur les DSI ! Ça fait "vécu"...

9 novembre 2005 : Dans « Qu'est-ce qu'un 'jeune' ? » je retrouve bien la sensibilité de notre génération (je suis un X de la promotion 56). Depuis des années je fréquente ton site avec délices. La rubrique « lectures » m'a permis de faire des découvertes (en particulier celle de François Jullien) et je trouve éclairantes tes pages sur l'économie.

18 octobre 2005 : Votre site est redoutable : on pourrait y passer ses nuits, tellement il est difficile de s'en arracher...:-))

13 octobre 2005 : Votre « cours » de dactylographie m'a été très utile.

6 octobre 2005 : J’ai trouvé votre article sur le service public intéressant et honnête. Je suis pour un service public « fort », conscient de ses différences avec la logique purement économique ; dans le cas d’espèce, je suis contre la privatisation de la SNCM. Mais comme j'habite Ajaccio je sais aussi que cette compagnie est souvent en grève, qu'elle rend imparfaitement son service et qu'elle est probablement mal gérée. Elle est plus chère que sa rivale italienne (non subventionnée) Corsica Ferries. Me voilà donc dans cette affaire empêtré dans des contradictions. Est-ce trop que demander qu'une entreprise publique soit bien gérée ? 
En ce qui concerne l'exercice du droit de grève, par contre, je suis prêt à supporter avec sympathie les grèves et leurs inconvénients pour ma vie quotidienne, même si par manque de temps je ne peux connaître ni les motivations ni les enjeux du conflit.  Je préfère penser que si il y a une mobilisation sociale, c'est qu’une raison vécue la porte. Je ne me sens pour autant ni lâche, ni victime du syndrome de Stockholm. Quant à être « heureux du mauvais exemple qui pourra servir de précédent lorsqu'on voudra défendre sa propre corporation », il y a du vrai là-dedans... 
Je me range à votre conclusion : « Partir de la finalité de l’entreprise, ce serait la meilleure façon de tirer au clair des questions économiques auxquelles ni la doctrine de la concurrence et de la privatisation, ni celle de la préservation des acquis ne répondent ». Cependant cela exige lucidité, force et honnêteté, et je ne suis pas sûr de les trouver chez les hauts fonctionnaires, dans la classe politique ni dans les dirigeants d’entreprise. Il me semble que l'ambition, l'arrogance et le clinquant sont des vertus mieux partagées et surtout recommandées pour nos élites. 
Un dernier commentaire  : j'aimerais entendre plus souvent la remarque que vous faites dans votre note de bas de page ! 

4 octobre 2005 : Ce qui est insupportable avec Michel Volle, c'est que son site est excellent. Il y a trop de textes, trop de cours, trop de résumés de bouquins. C’est angoissant pour les maniaques de l'exhaustivité dans mon genre : il faudrait bloquer trois mois et trouver 700 € pour acheter les ouvrages cités. En plus il y a un fil RSS : quel sadisme ! J'en viens presque à préférer les sites de chercheurs américains : une page, un CV, une liste de publications et trois polycopiés, visite complète en 5 minutes et un polycopié téléchargé. Volle est insupportablement intéressant. Tenez-vous à distance de son site s'il est tard et que vous avez cours demain matin.

4 octobre 2005 : Dans ton article sur le Service public, tu n'envisages que deux cas : être au service du public ou être au service d'une corporation. Il en existe un troisième : être au service du « souverain » (c’est-à-dire du régime, de l’État, qui incarne la légitimité suprême). La fierté de certains fonctionnaires réside non dans leur appartenance à tel corps ou corporation, mais dans leur appartenance à l’appareil d’État. Et le simple citoyen ne pèsera pas lourd face à l’armée ou à la justice…

3 octobre 2005 : Je viens de lire votre article sur Latex. Ce n'est pas un traitement de texte mais un formateur de texte : non pas du WYSIWYG, mais du WYSIWYM («what you see is what you mean »). Ce logiciel fait ce qu'on lui demande et il est de haute qualité : combien de bugs de Latex a-t-on répertoriés jusqu'à présent ?
Trois mois d’apprentissage correspondent à l'acquisition du niveau « gourou ». Lorsque j'étais à l'ENSTA, voici 7 ans, chaque élève apprenait en une après-midi à se servir de Latex (avec moult formules mathématiques, école d'ingénieur oblige).
Babafou est un authentique informaticien. Il a pris ce pseudonyme sous lequel il est connu. C'est lui qui, entre autres, gère le site Internet http://www.ensta.org.
La « surcouche graphique » Lyx rend l’utilisation de Latex plus « conviviale ». Elle permet aussi de s'affranchir des éléments les plus ésotériques de Latex, mais c'est une question de goût.
Enfin, utiliser Latex sous Windows plutôt que sous Linux m’étonne : pourquoi faire fonctionner un bon logiciel sur un OS de piètre qualité ?

3 octobre 2005 : A propos de votre expérience avec Latex : longtemps j'ai été développeur. Je suis maintenant entouré de non-informaticiens et cela m'aide à avoir un autre regard. A vous lire, je me dis sans connaître Latex que c'est le type même du logiciel à éviter, fait par des techniciens pour des techniciens. Je rêve de logiciels dont la complexité interne soit cachée, dont l'interface utilise des métaphores simples, dont la prise en main puisse être progressive. La fracture numérique tient aussi à la difficulté des logiciels livrés avec nos ordinateurs. Mon père, âgé mais curieux de nature, a renoncé à utiliser l'ordinateur que je lui avais offert à cause de sa complexité. Un collègue a réalisé pour l'apprentissage en ligne un logiciel dont la simplicité m'impressionne. Jetez-y un coup d’œil : http://www.didapages.fr/

3 octobre 2005 : Je suis ravi de trouver une fois de plus sur votre site un texte plein de bon sens et de pédagogie comme celui sur votre apprentissage de LaTeX. Je suis depuis longtemps séduit par ces logiciels élaborés collectivement, partageables par tous, dont la documentation abonde pour qui sait se servir de Google, mais dont l'interface d'utilisation peut parfois être repoussante pour qui n'a pas la curiosité, l’humilité et la motivation suffisantes.
L'autonomie envers des éditeurs peu scrupuleux que je ne nommerai pas passe par l'utilisation des logiciels libres et de Linux. Peut-être un jour aurai-je le plaisir de lire une chronique sur votre première semaine sans Windows ? Je vous recommande la distribution Ubuntu (www.ubuntulinux.com et www.ubuntu-fr.org). Bien adaptée aux utilisateurs novices, elle permet d'accéder à des milliers de logiciels (dont la multitude d'outils relatifs à LaTeX) et présente l'avantage d'être bâtie sur Debian, distribution de référence des utilisateurs « experts » (donc la mieux documentée).

30 septembre 2005 : Je lis tes réflexions sur ton site avec intérêt. Je les imprime pour les lire, mais le stock augmente je n’arrive pas à tout lire. C’est un sujet de réflexion : trop d’info tue l’info, les RSS et les blogs n’arrangent pas les choses. Nous allons vers une société étrange, hypercommunicante mais où la compréhension de ce qui est communiqué est en chute libre… Ce déséquilibre va créer des difficultés imprévues ; j’attends le philosophe qui théorisera ça.

28 septembre 2005 : Le récit de tes aventures avec LaTeX m'a bien fait rire, même s'il est au fond très sérieux.

7 septembre 2005 : Je réagis à l’article "Il faut quitter Hotmail au plus vite !" Certes Hotmail détruit les mails et il est spammé à mort, mais il est gratuit. Si quelque chose de gratuit ne convient pas, on n’a qu’à partir ! C'est le problème avec l'ex nouvelle économie : des gens qui ont tout eu gratuit croient que ça peut le rester indéfiniment en restant au même niveau de service ! La qualité a une valeur et cela se paye.

16 août 2005 : A propos de votre article sur les obstacles au développement de la qualité et des services : les obstacles que vous évoquez ne me semblent pas être pas au coeur de la stagnation et du pessimisme actuels en France, qui sont d'abord liés à une crise des institutions publiques nationales, européennes et internationales inadaptées aux transformations de leur environnement (mondialisation, Europe, décentralisation...) comme aux aspirations des citoyens -  alors que les entreprises et la société civile se sont plutôt mieux adaptées.
Les entreprises n’ignorent pas la recherche de la qualité, mais peut-être pas toujours sous des formes que nous souhaiterions : en matière agro-alimentaire, si certaines d'entre elles développent des alicaments qui associent les rôles alimentaire et médical, la plupart des stratégies visent une simple diversification du packaging pour l'adapter aux divers profils de consommateur et encourager le grignotage. L’obstacle au poulet fermier se trouve moins du côté de la production que du côté des  jeunes consommateurs qui, habitués aux beignets de poulet de batterie, apprécient peu la fermeté des poulets fermiers.
L'absence de valorisation des services est réelle et liée à  plusieurs facteurs :
- prédominance d'une culture d'ingénieur ;
- services publics fournis à des
prix inférieurs à leur coût de production ;
- manque de structuration du secteur de services, constitué de PME sauf
dans le domaine de la banque-assurance (cela change avec la constitution de groupes dans les services aux entreprises, l'hôtellerie et la  restauration : la nomination de Laurence Parisot au Medef en est l'illustration) ;
- manque d’une capacité d'expression publique et de lobbying
(pas de ministère des services) ;
- méconnaissance du potentiel et
des conditions de développement des services, de leur organisation du travail, des compétences requises (seule la compétence relationnelle, souvent limitée au sourire d'accueil, est reconnue) ;
- féminisation des personnels et donc dévalorisation, associée à la mise sur le marché d'activités assurées naguère de façon bénévole par les femmes au foyer (garde d'enfants, aide aux personnes âgées etc.)

8 juillet 2005 : Merci pour la plaquette sur la formation professionnelle de la Maîtrise d'Ouvrage. Elle répond à un vrai besoin, le programme est pertinent et équilibré, le prix étonnamment bas. Cependant mes dirigeants disent « c'est peut-être bien mais beaucoup trop long ». Ils pensent que nos cadres sont formés et compétents dans leur métier technique. Or ils exploitent des systèmes jugés plus complexes que le SI. Donc « ils savent naturellement » et n'ont besoin au pire que de formations légères (et techniques !). Si quelqu’un qui doit exercer la fonction de MOA du SI s'avisait de demander une formation, il serait  mis au banc : chez nous, on ne garde qu'une « élite » qui ne sait même plus qu'elle ne sait pas et se représente le SI comme une machine à vapeur.

8 juillet 2005 : Ton article sur l'élitisme m'a navré parce que je vois trop de gens en souffrir. Si l'élitisme était la négation de l'égalitarisme absolu, peut-être accepterais-je de te suivre. Mais il s'agit de bien autre chose. C'est par exemple l'état d'esprit qui croit nécessairement meilleur le point de vue de celui qui a appris dans les livres sur celui qui a appris sur le terrain – alors que ce qui est « supérieur », c'est la synergie que l'on peut construire avec l'ensemble de ces savoirs. Tu conviendras avec moi que d'autres formes d'élitisme sont détestables : celles qui affirment la supériorité par la richesse, la naissance ou la race, ainsi que celle qui proclame la supériorité de la conquête des marchés sur la « simple » humanité.

8 juillet 2005 : Je déguste tes nouvelles avec délectation en raison de leur originalité et, parfois, de leur imprudence. Ainsi sur les élites : nous sommes tous des êtres humains mais les uns brillent plus que les autres. La question serait de faire briller le plus de monde possible ! Les esprits brillants forment-ils l'élite ? Bush et Kerry font-ils partie de l'élite ? Einstein appartenait à l'élite mais, selon Françoise Balibar, aucun physicien d’aujourd'hui ne pourrait faire comme lui : ils travaillent en groupe, par centaines. Pourtant ils forment je crois, une élite !

7 juillet 2005 : Dans votre commentaire du livre de Dostaler sur Keynes, vous rappelez  que pour Adam Smith comme pour Keynes l'économie est nécessaire mais secondaire. Il faudrait l'écrire à l'entrée des facultés d'économie : le but de la science économique est d'améliorer le bien-être matériel des individus, de les libérer des soucis matériels quotidiens de sorte qu'ils puissent se consacrer aux choses importantes que sont les relations humaines (amour, amitié), les arts, la politique etc. C'est ce que pensaient Smith et Keynes, ce n'est pas ce que pense la plupart de nos concitoyens.

3 juillet 2005 : A propos des brevets logiciels : il est évident qu'il faut protéger les oeuvres de l'esprit, et pas le seul logiciel. Le copyright (droit d'auteur en Français) est un système excellent, et il inclut le logiciel depuis la loi du 3 juillet 1985. Microsoft et les autres ont fait leur fortune sur le copyright et non sur les brevets qui ne sont apparus qu'en 1995 aux Etats-Unis. Le débat n'est pas entre « pas de protection » ou « protection » : dans tous les cas il y a protection, cf. l'exemple du logiciel libre. J'espère que les députés européens nous épargneront la stupidité des brevets logiciels en Europe au moment où les Américains se préparent à faire machine arrière dans ce domaine. Le système des brevets me semble d’ailleurs anti-économique (cf. ce qui se passe pour les médicaments) mais c'est un autre sujet.

11 avril 2005 : Journaliste et amateur de promenades sur l'Internet, je suis émerveillé par la clarté de votre propos (j'aimerais être aussi persuasif) et fasciné de retrouver mes sentiments envers la politique. Un même environnement (famille catholique, passion de la découverte scientifique) mène peut-être aux mêmes points de vue. Merci de nous offrir un peu de recul.

7 avril 2005 : Je viens de relire « Évaluer l'action publique en privilégiant le terrain », « Crise de système » et « 600 m2 ». Faisant partie, en tant qu’économiste, d'un « groupe de projet » auprès d’un certain commissariat, je constate combien votre point de vue est pertinent : lorsque je propose une étude de faisabilité et d'impact sur une proposition du groupe de projet, on me dit que ce travail sera fait après la publication de la proposition. Mais une fois publiée celle-ci sera peut-être mise en oeuvre par un décideur public. Il croira qu’elle a été sérieusement étudiée et ne se souciera pas d'anticiper ses effets.

6 avril 2005 : Merci pour ton papier sur le "oui" où j'ai trouvé une parfaite explicitation de ma pensée brouillonne.

4 avril 2005 : Quelques remarques sur le vote au référendum. J'aurais mille raisons de voter NON. En matière économique, je déplore l'incapacité de l'Europe à se doter d'institutions efficaces, à définir une politique commune orientée vers la croissance et la lutte contre le chômage. Au delà des critiques que je peux faire à la politique économique américaine, je reconnais que l'administration Bush a dépoussiéré l'interventionnisme économique. Sa politique de stimulation monétaire et budgétaire a permis un cycle de croissance. Bien sûr, Paul Krugman dira que les déficits se paieront plus tard... Mais quel est le prix en Europe - et en France – de la sous-activité  des jeunes et des plus de 50 ans ? Le projet européen est aujourd'hui sans perspective. Certes, le NON est une coalition hétéroclite d'archaïsmes, d'aigris et de mécontents sans projet. Il n'est guère tentant d'y mêler sa voix. Mais quel est le leader qui nous appelle à voter OUI sur une grande ambition crédible ? Finalement, la seule raison pour voter  OUI me semble être la résignation à ne pas voter NON !

4 avril 2005 : Pourquoi écris-tu que si nous votons NON "on dira, et on aura raison, que les Français tournent le dos à l'Europe" ? Lorsqu'une constitution est mauvaise, on en discute et on vote pour ou contre. L'histoire est faite de projets inaboutis. Rien n'empêche qu'il en sorte après un temps une constitution meilleure. La constitution de la Ve république ne me convient pas, mais je ne suis pas moins français pour autant.

31 mars 2005 : DSI d'un grand groupe industriel nouvellement à la retraite, je souhaite recevoir votre lettre car je trouve sur votre site des préoccupations que j'avais lorsque j'étais en activité, et que je désire entretenir.

30 mars 2005 : Saviez-vous que les ressortissants européens n'ont pas le droit de voter sur la constitution européenne ? Ne trouvez-vous pas que c’est le comble de tout ? Vous demandez aux seuls "Français" de voter … et moi, en France depuis 13 ans, mariée à un Français et payant des impôts à tous les niveaux... Apparemment il y a en France des citoyens de 2ème classe !<